On attendait Patrick Kluivert, Souleymane Youla, Nicolas Fauvergue ou Pierre-Alain Frau, mais il aura finalement fallu attendre jusqu’à l’éclosion de Kevin Mirallas pour qu’un attaquant lillois sorte enfin du lot cette saison. Auteur de cinq buts lors des quatre dernières journées de Championnat, l’international belge (20 ans) est sur la bonne voie pour confirmer tous les espoirs placés en lui depuis maintenant plus de trois ans. « Il est promis à un grand avenir, explique son coéquipier en sélection nationale, le Liégeois Marouane Fellaini. C’est déjà un très bon joueur mais il va encore progresser avec l’expérience et du temps de jeu. La sélection belge aurait besoin de lui pour redevenir une équipe qui compte en Europe. Mais je suis confiant. Il va exploser. »
Déjà incontournable en sélection, le Diable Rouge a, en revanche, eu besoin de davantage de temps, et de patience, pour faire son trou chez les Dogues. Le potentiel du jeune homme n’est pas remis en cause, mais il a fallu du temps pour rentrer dans le moule défini par Claude Puel, à savoir un 4-5-1 axé sur la discipline collective et le sens du sacrifice. « Ce n’est pas évident pour un jeune joueur d’intégrer de telles choses, explique le Suisse Stephan Lichtsteiner, coéquipier de Kevin Mirallas dans le Nord. Kevin a peut-être été frustré à certains moments, mais il n’a jamais lâché. Il s’est battu. Et n’a pas eu une attitude négative. » Le talent appelle l’exigence, et Kevin Mirallas semble sur le chemin de la voie de la raison.
Ses récentes prestations ne sont pas passées inaperçues aux yeux de nombreux recruteurs étrangers (Aston Villa, Portsmouth, Wolfsburg, Tottenham, Saragosse, Anderlecht, Standard de Liège), mais également français (Saint-Etienne, Marseille). Le fait que Kevin Mirallas suscite certaines convoitises n’est pas nouveau, mais le doute subsistait quant à sa faculté à percer au plus haut niveau d’exigence. Mais celui-ci serait en passe d’être levé. Les dirigeants lillois en sont, d’ailleurs, bien conscients. Ils seraient actuellement en négociations pour prolonger le contrat de leur protégé, qui expire en juin 2009. Une bonne nouvelles quelques semaines après que le Belge ait menacé de quitter le club, faute de temps de jeu. Mais le Diable Rouge a su faire preuve de patience avant de sortir de sa boîte, et mettre tout le monde d’accord. La route est encore longue, mais l’impulsion est bel et bien donnée. Et les dirigeants lillois s’en frottent les mains.