J'ai reçu un coup de fil de mes dirigeants vendredi, me signalant qu'après quelques réunions, pour des raisons économiques et sportives, il avait été convenu d'un commun accord d'envisager une solution avec moi. Cette solution est que j'essaie de trouver un club pour libérer un salaire. Et que parallèlement à ça, j'allais recevoir un courrier qui stipule que le club me propose une baisse de salaire de 40% et que, à date de réception de la lettre, qui est dans ma boîte à Nantes, j'aurai huit jours pour accepter ou non. Si je n'accepte pas cette baisse de 40% qui est proposée, je serai à ce moment-là considéré comme un joueur libre. Ce n'est pas très élégant comme procédé mais c'est la loi. Il est donc honteux et déloyal de dire que je refusais ces 40% car je ne l'ai absolument pas dit. Pour une raison extrêmement simple : tant que je n'ai pas de piste sérieuse, je vais accepter cette baisse de 40%, ne serait-ce que pour continuer à m'entraîner avec le groupe pro et à continuer à faire partie du FC Nantes, à honorer mon contrat tout simplement.
Dès que j'aurai reçu cette lettre, je ferai donc remonter l'information selon laquelle j'accepte cette baisse de 40%. Et après, je vais vivre au jour le jour pour que tout le monde puisse y trouver son compte, et que je puisse trouver un autre club et permettre ainsi à Nantes de se libérer de mon salaire. Moi, je veux juste arranger tout le monde. Il n'y a pas de déclaration ni de campagne contre mes dirigeants. J'ai été peiné de cette nouvelle mais les faits sont ceux-ci : je serai présent à la reprise de l'entraînement mardi prochain. J'aurai une discussion avec Gernot Rohr qui m'a gentiment appelé et voilà. Partout, j'ai lu que j'allais être viré mais en aucun cas, je n'ai dit que je voulais la guerre ni que je refuserais ces 40% et me mettrais à la faute. J'appartiens au FC Nantes, je vais accepter cette baisse, même si ça ne m'arrange pas. Je serai à la reprise mardi et nous étudierons ensemble toutes les propositions pour faire en sorte que tout le monde y trouve son compte. Le FC Nantes et moi.
Jérôme Alonzo, qu'est-ce qui pourrait vous faire quitter Nantes ?
D'après ce que j'ai compris, je ne fais pas partie des plans pour la saison prochaine. Donc ce qui ferait bouger les choses, c'est une proposition concrète de contrat d'un autre club en France ou à l'étranger. Il faut que le challenge me plaise bien entendu. Mais le plus important dans tout ça, c'est que j'ai encore envie. Ce n'est pas un problème d'argent pour moi car même avec 40% en moins, je vivrais très bien (ndlr : les dirigeants nantais l'ont averti d'une diminution de son salaire). Ce n'est pas ma priorité, surtout à mon âge. L'argent, je n'en ai rien à foutre ! J'en ai gagné, tout va bien pour moi. Aujourd'hui, j'ai envie de m'éclater. J'ai eu une année difficile. J'avais l'espoir de faire partie de la mission remontée, ce qui n'est a priori pas le cas, mais ça n'empêche que j'ai encore deux ou trois belles années dans les jambes. Mon moteur principal sera le plaisir. Alors effectivement, si je suis troisième ou quatrième gardien à Nantes, mon plaisir sera forcément moins présent. C'est pour ça que je veux trouver un challenge qui me permettra de m'éclater.
N'avez-vous pas l'impression de revenir un an en arrière quand vous aviez quitté le PSG ?
C'est sûr que mardi prochain, ce ne sera pas la reprise la plus gaie de ma carrière. Après, est-ce que je dois prendre ça comme un retour en arrière ? Tous les joueurs qui partent dans un club qui est relégué connaissent un peu ça malheureusement. A la base, tu ne pars pas pour descendre. C'est ma première relégation en dix-sept ans de carrière, il fallait bien que ça m'arrive un jour. Mais je n'en perds pas le moral pour autant. Je suis déçu mais pas abattu ou quoi que ce soit. Car l'envie je l'ai toujours, et même encore plus qu'avant. Je sens que la fin approche donc je bouffe chaque match du mieux que je peux. Mon moteur, c'est l'envie, rien d'autre.
Considérez-vous l'attitude du FC Nantes envers vous, qui leur aviez promis de rester malgré la descente, comme un coup de poignard dans le dos ?
C'est vrai que je me suis positionné de manière officielle devant mes dirigeants avant même que nous soyons mathématiquement en L2. Fin avril précisément. Je leur avais dit à l'époque qu'il y avait une forte probabilité pour que ça se passe mal. Mais que si ça se passait mal, je serais là. Tout le monde était content mais ce milieu est un milieu où les vents tournent très vite. Et nous, joueurs, devons apprendre à vivre avec ça. C'est ça aussi la maturité. Il faut savoir avaler les couleuvres et rester digne. D'ailleurs, je n'en veux pas à mes dirigeants. Il y a des nécessités économiques en jeu, des choix sportifs aussi. Ce n'est pas moi qui décide. J'estime juste de mon côté avoir été loyal et je suis très content de la décision que j'avais prise. J'avais vraiment envie de rester. Mais tout va bien, il n'y aura jamais de guerre entre les dirigeants et moi. Et nous nous séparerons bons amis si nous devons nous séparer.
Cette situation vous inquiète-t-elle ?
Je vais reprendre l'entraînement. Il y a encore les mois de juillet et août. Et des clubs qui auront besoin d'un gardien expérimenté, il y en aura forcément. En L1, L2 et à l'étranger. Donc je ne suis pas du tout inquiet. Ma blessure contractée contre Sochaux est en train de se remettre parfaitement bien. Je ne suis pas parti en vacances pour faire de la rééducation tous les jours à Saint-Raphaël mais je m'éclate. Je me suis fait une bande de potes sur place, nous bossons tous ensemble et nous nous serrons les coudes. Donc je suis prêt. Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours. C'est une phrase à la mode mais c'est vrai : je ne serai pas doublure en L2 avec le FC Nantes. Ne serait-ce que parce qu'économiquement, ce n'est pas possible. Une décision intelligente sera prise en temps voulu. Mais ce n'est pas l'interview de mes adieux. Ça, ce sera pour plus tard.
« Pas là pour qu'on me fasse des papouilles sous la douche »
Tout ce que vous avez vécu depuis votre arrivée à Nantes, dans le domaine sportif comme extra-sportif et la malchance avec toutes ces blessures, ne vous donne-t-il pas envie de tourner la page Nantes avant même cette reprise ?
Ça, c'est une question que je me suis posé en mai. J'ai tout passé en revue dans ma tête et c'est là que mon ego a joué : je me suis dit que j'avais certes connu des moments difficiles mais que je ne voulais pas rester sur un échec. C'est ma première relégation, je veux remonter de suite, c'était ça mon état d'esprit en mai. Mon ego me disait de ne pas m'en aller là-dessus. Pour mes parents, mes amis, c'est interdit, je n'ai pas le droit. Ensuite malheureusement, si cette page doit un jour se tourner, ce n'est pas moi qui la tournerai. Je subis les événements plus que je ne les provoque.
Durant cette saison passée à Nantes, votre solide carcasse a-t-elle été réellement entaillée ?
Oui, ne serait-ce que physiquement. En sept ans au PSG, je me suis blessé deux fois. Là, en dix mois à Nantes, j'ai eu cinq blessures. Mais j'ai quand même fait 28 matchs. Pour un mec de 36 ans, ce n'est pas honteux ! C'est vrai aussi que j'ai joué deux matchs que je n'aurais pas dû jouer. Je n'ai pas été mauvais lors de ces deux matchs mais je les joue en souffrance et ils ne me rendent pas service pour la suite.
Comment avez-vous fait ?
J'ai serré les dents et je n'ai rien dit, personne ne l'a jamais su d'ailleurs. Quand on pointe du doigt mon physique et mon âge, je dis donc oui et non. Car des phénomènes comme Olivier Echouafni, qui a mon âge et a joué 38 matchs, il n'y en a pas beaucoup. Chez les gardiens, c'est différent : Greg Coupet ne se blesse jamais, Greg Wimbée ne s'est pas beaucoup blessé non plus. Teddy Richert aussi mais ça commence un peu. Mais c'est normal. Pour revenir à mes matchs, je sors 28 matchs et plus de bons que de mauvais pour être honnête. Donc si on parle uniquement sur le plan personnel, je ne considère pas cette saison 2008-09 comme une catastrophe. Collectivement oui, évidemment. Mais moi, je n'ai pas du tout honte de moi.
Et humainement ?
Pour être honnête, quand tu vis une relégation, il y a forcément des moments difficiles. Mais sans être démago, notre vestiaire a connu des difficultés mais il n'était pas aussi pourri que ce qu'on a bien voulu le dire. A un moment donné, on s'est fait un plaisir de montrer le vestiaire nantais du doigt car il y a eu la bagarre Abdoun-Babovic, des conflits Kita-Bagayoko ou que les nouveaux auraient soi disant été mal accueillis. Alors ok, je n'ai pas reçu un collier de fleurs en arrivant. Mais je m'en bats les couilles de ça. Moi, je ne suis pas là pour qu'on me fasse les papouilles sous la douche, il faut arrêter les conneries. Oui, il y a des matins où c'était dur. Mais ce n'est pas le FC Nantes qui me rebutait. Car putain, qu'est-ce que je suis fier d'avoir porté ce maillot ! C'est un grand club en France, nous sommes tous d'accord sur ça. Nous nous sommes plantés à un moment de la saison, tous.
Rédigé par Aurélien CANOT Le contacter
Paris365
le 10/02/2012 à 02h22 - Bundesliga
Avec 44 buts encaissés depuis le début de la saison en Bundesliga, Fribourg semble se diriger tout droit vers la relégation. En combien de temps les joueurs de Wolfsburg clôtureront-ils le match ?
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