Si le Racing Club de Strasbourg parvient à se maintenir en Ligue 1, il le devra en grande partie à Wason Renteria, auteur de huit buts en championnat. Prêté par le FC Porto, l’attaquant international colombien fait souffler le chaud (4 buts lors des 10 premières journées de championnat) et le froid depuis le début de la saison. « J'avais fais la préparation avec le FC Porto, justifie-t-il. J'étais très bien mais, après tout s'est enchainé en quelques jours. Je savais que la concurrence était importante mais pas insurmontable. Strasbourg a su, toutefois, trouver les arguments nécessaires. Et me convaincre. Je suis jeune. C’est une bonne expérience pour que je poursuive ma progression. »
Aux dires de nombreux observateurs, notamment étrangers, Wason Renteria fait plutôt bonne figure pour sa première expérience en Europe mais ça ne semble pas suffisant aux yeux de tout le monde. On reste pourtant bien loin du fantomatique Jesus Pena, également prêté par le FC Porto lors de la saison 2002-03, mais rien n’y fait. (Sourire) « Heureusement que j'ai inscrit huit buts, sinon… Mais c'est vrai que je suis attendu, explique l’attaquant strasbourgeois. J’ai été champion du Brésil et champion du monde des clubs avec l’International Porto Alegre. Après, je suis arrivé dans un des plus grands clubs d'Europe (Ndlr : le Porto en janvier 2007). C'est normal que la barre soit haute mais je garde les pieds sur terre. Il faut toujours continuer à travailler. »
« Comment peut-on me juger sans me connaître ? »
Pas mal pour un joueur que l’on dit nonchalant, voire plus. « La presse locale n’est jamais venue me voir pour essayer de me connaître. J'ai vu certains articles qui m'ont été traduits et m'ont rendu triste. Comment peut-on juger une personne sans la connaître ? Ma seule réponse est de continuer à marquer. Je suis la pour ça non ? Mais c’est bien, ils m’ont mis la rage au ventre pour le reste de la saison (rires). Ça fait partie du métier. »
D’ailleurs, Wason Renteria, vingt-deux ans, tient à éclaircir quelques points. « Premièrement, et comme la presse locale ne vient pas vers moi, je veux remercier le club de Strasbourg, et surtout la cellule de recrutement qui m'a fait confiance. Je les en remercie, ainsi que les supporters du club. Je crois que, pour l'instant, mon bilan est positif pour une première saison en Europe, même si ca n'a pas été facile pour moi (la langue, le froid…). » Avant d’ajouter : « Nonchalant ? C'est faux. Je suis passé dans plusieurs clubs où c'était plutôt le contraire. Vous pensez que les supporters de L’International Porto Alegre m'avaient écrit une chanson à mon nom parce que je suis nonchalant… »Malgré tout, l’international colombien se dit content de cette expérience. Et assure ne « pas avoir de regrets ». On peut juste sentir certains mots, notamment de Jean-Marc Furlan (*), qui ont toujours du mal à passer. L’ancien Troyen ayant notamment expliqué que si une enquête devait être menée au sein du groupe strasbourgeois, Wason Renteria s’en verrait écarté.
Un futur qui ne devrait pas passer par la France
Prêté (sans option d’achat) par le FC Porto, qui ne détient, toutefois, que 50% des droits sur le joueur, Wason Renteria ne devrait pas prolonger l’aventure en Alsace. Pourquoi ? Tout simplement parce que le Racing n’a pas les moyens de réaliser une telle opération. Alors que va-t-il advenir de l’international colombien ? Un retour au FC Porto, club auquel il est encore lié jusqu’en 2010 ? Pourquoi pas. Ses prestations ne seraient, en effet, pas passées inaperçues aux yeux du club portugais. « D'après les retours que j'ai eu dernièrement, je pense que oui », déclare Renteria. Mais rien n’est acquis. Avec la concurrence de Lisandro Lopez, Tarik Sektioui, Adriano et autres Helder Postiga (actuellement prêté au Panathinaikos), Wason Renteria n’a aucune garantie. « Pour l'instant, et jusqu'en juin, ma tête est au Racing. Je veux rendre la confiance que m'ont donnée le club et le coach. Le futur ? On verra en juin. Ce n’est pas moi qui m'en occupe, même si je sais que des clubs européens me suivent (Ndlr : des formations espagnoles, allemandes et anglaises l’auraient à l’œil). Et puis, j'appartiens toujours au FC Porto… »
Ces derniers mois, plusieurs grosses formations européennes, dont le Bayern Munich, ont ainsi fait le déplacement à la Meinau pour suivre le bonhomme. Quelques équipes françaises auraient également pointé le bout de leur nez. Wason Renteria ne devrait, pourtant, pas prolonger l’aventure en France. D’ailleurs, le mot de la fin est destiné aux supporters du Racing. « Je les remercie de m'avoir accueilli, mais également de m’avoir accepté. Le Racing a une bonne équipe qui va se maintenir en Ligue 1. Mais je voudrais que les supporters croient davantage en moi. Je respecte le club et ses supporters, notamment ceux du site Racingstub.com. Et je ferais le maximum pour leur montrer en inscrivant des buts. Et en dansant le« ruke rake » (Ndlr : une danse personnelle). » Et ainsi se quitter bons amis au terme de la saison. Sans rancunes.
(*) « Si on l'avait mis à l'essai, jamais on ne l'aurait pris, expliquait Jean-Marc Furlan plus tôt dans la saison. Car, comme beaucoup de joueurs sud-américains, l'entraînement ne l'intéresse pas. Il aime le jeu et la compétition. »