Joseph Akpala, vous avez déjà inscrit seize buts cette saison en championnat. Comment expliquez-vous cette réussite ?
C’est une saison magnifique. C’est très intéressant d’un point de vue collectif mais également individuel. C’est grâce au travail de mes coéquipiers que je suis actuellement le meilleur buteur du championnat belge.
Comment s’est déroulée votre arrivée à Charleroi ?
J’avais d’autres possibilités, notamment en Espagne. Il y avait aussi le RC Genk mais Charleroi constituait le parfait test pour le reste de ma carrière. En plus, des coéquipiers en équipes nationales, comme Peter Odemwingie et Nwanko Kanu, m’avaient conseillé cette destination. Ils savaient que ça constituerait le parfait tremplin. C’était la bonne étape pour que je me frotte pour la première fois au football européen. Il ne fallait pas viser trop haut. Dès ma mise à l’essai, tout s’est passé parfaitement. Il n’a suffi que d’un match pour que je signe mon premier contrat.
Votre adaptation n’a-t-elle pas été trop compliquée ?
Je suis arrivé en plein hiver (ndlr : en janvier 2006 en provenance du club nigérian du FC Bendel Insurance). Je n’imaginais pas qu’il puisse faire aussi froid. En plus, c’était la première fois que je quittais ma famille et mes amis. C’était une période difficile. Mais pour en avoir parlé avec certains joueurs habitués à évoluer en Europe, je savais à quoi m’attendre. Je n’ai pas paniqué. Dès le début, j’ai essayé de mettre toutes les armes de mon côté. Et puis, j’ai toujours cru en moi, en mes capacités à percer au plus haut. Depuis le début de ma courte carrière, j’ai vu beaucoup de très bons footballeurs passer à côté d’une grande carrière parce que ça ne suivait pas mentalement. Aujourd’hui, je donne le maximum pour réaliser mon rêve et progresser jour après jour.
Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur le niveau de la Jupiler League ?
Je n’ai aucun regret. Ce n’est pas le meilleur championnat européen mais il fallait bien que je débute quelque part, non ? (Rires) Aujourd’hui, j’y fais mes gammes mais je me vois ailleurs dans quelques temps. Ce sera une nouvelle occasion de voir ce dont je suis capable dans un nouvel environnement.
« Il est temps pour moi d’aller de l’avant »
A quelle destination pensez-vous ?
D’ici deux ans, je devrais jouer en Premier League. J’ai déjà eu quelques touches mais je n’ai pas de passeport européen. Et je n’ai pas disputé assez de matchs en sélection pour postuler à un permis de travail.
Selon nos informations, plusieurs équipes françaises seraient intéressées par votre profil. Qu’en est-il ?
Je suis au courant. Un de mes coéquipiers m’en a notamment parlé. Je sais que Saint-Etienne est intéressé (ndlr : les Verts auraient mêmes bougé concrètement sur le dossier). Lens me suit également. Il y a aussi Valenciennes qui me voulait l’été dernier. Je me souviens avoir inscrit deux buts et fait une passe décisive face à cette équipe en match amical. Je crois que depuis cette rencontre, ils me suivent. Je pense qu’ils ont aussi observé l’un de mes partenaires. Mais il n’y a encore rien de fait.
Que pensez-vous du championnat de France ?
C’est très attirant. C’est une compétition plus relevée que le championnat belge. Certains de mes proches, dont Peter Odemwingie, en disent le plus grand bien. Ce serait une nouvelle étape dans ma progression. Il est temps pour moi d’aller de l’avant. J’ai de gros objectifs pour l’avenir. Je ne dois pas perdre de temps en chemin.
En avez-vous parlé avec vos dirigeants ?
Pas encore. Pour l’instant, je me concentre sur la fin de championnat. Je ne veux pas me disperser. On verra lorsqu’il y aura des choses vraiment concrètes. Là, ça commence à bouger mais on ne peut jamais être sûr de rien dans le football.
Quel type d’attaquant êtes-vous ?
Je suis un bon buteur (sourire). Physiquement, je tiens la route, notamment dans les airs. Mon point fort ? Me situer dans la surface de réparation. Je sais où me placer et quand le faire. Mais je dois encore faire beaucoup de progrès. Et ceci à tous les niveaux. Il ne faut pas se croire arriver. Ce serait la pire chose à faire.