Souza, Everton, Kezman. Trois noms bien connus par les supporters du PSG. Non pas pour leurs exploits sous le maillot parisien mais bien pour le flop qu’ils ont représenté. Et c’est aujourd’hui Alain Roche, l’homme à l’origine de leur venue, qui en paie les pots cassés. L’ancien défenseur central, qui avait intégré la cellule de recrutement du club de la Capitale en 2003 avant d’en devenir le responsable en 2006 sous la houlette de Francis Graille, a été remercié par son club de cœur qui vient de lui envoyer sa lettre de licenciement. Un courrier signé des mains de Nasser El-Khelaïfi, le président du PSG. Ce départ n’est pas vraiment une surprise et sembait devenu inéluctable depuis l’arrivée de Leonardo en juillet 2011. Le directeur sportif brésilien, qui aime mener sa barque tout seul, avait besoin de voir son pouvoir ainsi que sa marge de manœuvre élargis. C’est désormais chose faite.
Si Claude Makelele a lui aussi pris une place importante dans l’organigramme du club en qualité d’entraîneur adjoint de Carlo Ancelotti, son expérience et son réseau en font un bras droit de grande valeur, et non un obstacle, dans sa quête de joueurs reconnus. L’été dernier déjà, des discussions avaient été entamées pour le départ d’Alain Roche mais les dirigeants qataris avaient finalement décidé de repousser son éviction pour boucler le recrutement de la saison 2011-12 sans accroc. C’est d’ailleurs en partie grâce à l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux que Kevin Gameiro avait rejoint la Capitale. Mais après Robin Leproux, Antoine Kombouaré et dans une moindre mesure Bruno Skropeta, QSI a décidé « d’effacer » une à une toutes les traces du passage controversé de Colony Capital à la direction du club parisien. Histoire de balayer les stigmates du règne de l’ancien propriétaire et de tourner une page bien terne de l’histoire du PSG.
Car Alain Roche ne laissera pas une trace indélébile dans le cœur des supporters parisiens. Si en tant que joueur, il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit, son mandat de membre influent de la cellule de recrutement laisse plus d’interrogations. Qualifié d’« incompétent » et de « médiocre » par Paul Le Guen, l’ancien international français a toujours eu des relations plutôt houleuses avec les différents entraîneurs du club parisien. Le Breton lui a notamment reproché d’avoir failli sur les dossiers de repli aux moments des défections de dernière minute de Jimmy Briand et Yoan Gouffran. Vahid Halilhodzic, Guy Lacombe, Laurent Fournier : tous ont eu bien du mal à se défaire de l’emprise qu’aimait exercer Alain Roche. Son goût prononcé pour la critique acerbe et ses choix stratégiques discutables lui ont rapidement taillé une sale réputation. Mais si les arrivées réentes de Grégory Coupet de Mevlut Erding lui sont aussi imputables, celles de Christophe Jallet, Mathieu Bodmer ou encore Nenê sont à mettre à son crédit. Trop mince pour faire pencher la balance de son côté au moment des adieux. Et les plus moqueurs ne manqueront pas de souligner que son plus grand fait d’arme aura finalement été d’accueillir Javier Pastore à l’aéroport l’été dernier…
Rédigé par Yoann PALEJ Suivre @toto