Abdeslam Ouaddou, vous allez donc rejoindre Nancy avec joie, mais aussi avec un peu de tristesse au moment de quitter un club, Valenciennes, qui vous a permis de vous relancer…
Je suis heureux de retrouver Nancy, mon club formateur, le club qui m’a donné ma chance pour devenir pro. Il y a un challenge sportif intéressant et la possibilité de revenir vivre dans ma ville, ce qui n’est pas donné à tout le monde. De l’autre côté, je ressens un pincement au cœur car je quitte un club qui m’a accueilli les bras ouvert après mon aventure en Grèce. Je n’oublierai pas cette ambiance, ce groupe magnifique. Je les considère comme des amis, et dans le foot il n’y en a pas souvent.
Vous avez l’air ému…
Je le suis. Je n’oublie pas non plus les supporters de Valenciennes qui soutiennent toujours leur équipe. Je ne peux pas les oublier et tenais à leur dire merci, car je n’ai pas eu le temps, malheureusement de les saluer. Un grand merci à tous les gens du Nord, des gens droits, francs. Je me souviens de l’anecdote quand je suis arrivé, comme quoi on pleurait deux fois dans le Nord : en partant et en arrivant. Je n’ai pas pleuré, mais j’ai salué les copains jeudi matin dans le vestiaire, j’avais un sacré pincement au cœur…
Valenciennes perd son capitaine, et pourtant votre départ semble s’être réglé proprement, presque sans histoire…
Au niveau du contrat que Nancy me propose, Valenciennes s’est aligné dessus, notamment sur la durée. Je pars quasiment pour les mêmes conditions : si j’étais parti pour l’argent, j’aurais choisi l’Angleterre, mais j’ai refusé les offres anglaises (Stoke City notamment, ndlr). Ce qui était important pour moi, c’est le fait de rentrer à la maison à Nancy. Le challenge sportif est intéressant aussi car Nancy joue l’Europe. Je peux m’inscrire dans la pérennité du projet nancéien qui marche bien depuis cinq ans.
« Puygrenier laissera une très belle image »
Vous avez certainement discuté avec Pablo Correa : lui, quand il recrute, veut des bons joueurs, mais aussi des hommes capables de se fondre dans le collectif…
Avec Pablo, on s’est parlé au téléphone pour se tenir au courant de l’évolution du dossier qui était très compliqué. J’étais quand même capitaine de Valenciennes. Mais Pablo et moi ne nous sommes pas vraiment plongés dans le projet sportif. Mais Antoine Kombouaré ou Pablo Correa sont des coachs qui tiennent beaucoup à l’ambiance du groupe. Ils veulent des joueurs qui ne viennent pas en reculant. Je retrouve la maison, mais il me faudra quand même un temps d’adaptation car ça fait huit ans que je suis parti. Il y a un groupe qui s’est formé, une aventure qui a démarré depuis cinq ans avec certains joueurs. Même si je rentre à la maison, il faut que je m’intègre à un groupe qui fonctionne bien, qui vit bien.
Vous devriez remplacer Sébastien Puygrenier qui souhaite partir, ce sera dur de lui succéder…
Je ne sais pas si Seb est partant sûr, mais quand le président de Nancy m’a contacté, même si Seb restait, il voulait me prendre. Si jamais il reste, ça serait bien pour tout le club d’avoir un maximum de bons défenseurs pour jouer sur tous les tableaux. Avec Seb’, Macaluso, Sami, Andre Luiz, moi-même, on aurait dans l’axe un compartiment riche. Maintenant, si jamais il doit partir, il laissera l’image de quelqu’un qui a énormément progressé depuis qu’il est parti de Rennes. Il a franchi un palier. S’il doit partir, je lui souhaiterais bonne chance : c’est un excellent défenseur. Les supporters de Nancy l’ont vraiment apprécié, il laissera une très belle image à Nancy.
L’année dernière Nancy n’avait pas recruté et avait réussi une superbe saison, là, elle fait un effort de recrutement, sans doute pour se maintenir à ce niveau…
Nancy a fait une très bonne saison sans recruter. Maintenant, avec l’UEFA, on sait que beaucoup d’équipes ont laissé des plumes dans cette compétition. Le coach veut avoir un effectif assez dense. Nancy est en L1 depuis un bout de temps, il faudra d’abord continuer à pérenniser le club en L1, ça passe par un recrutement peut-être pas de stars, mais de joueurs de clubs, capables de s’adapter assez rapidement. C’est ce que veut Pablo.