David Sauget, quel regard portez-vous sur la victoire de l’AS Nancy- Lorraine face au Paris Saint-Germain (1-0, 32eme journée de Ligue 1), dimanche ?
On a su bien réagir après notre défaite face aux Girondins de Bordeaux (2-1) dans des conditions très particulières. On a montré que l’on avait du caractère. Et que mentalement, on savait relever la tête après de tels événements.
Avez-vous éprouvé des difficultés à préparer cette rencontre compte tenu de toute l’agitation qu’il y avait dans les médias ?
Pas du tout. On a fait abstraction. Et puis, ça ne servait à rien de ressasser tout ça. On s’est concentrés sur notre match face au Paris Saint-Germain, qui restait sur une victoire face au Racing Club de Strasbourg. On l’a bien préparé. Et on l’a bien négocié. En première mi-temps, il y a eu très peu d’occasions. Le PSG est vraiment très à l’aise à l’extérieur. On savait que ça allait être compliqué. Ils jouent leur survie parmi l’élite. Ça a donné une rencontre fermée. Mais on a su trouver la faille et on est restés costauds défensivement tout au long de la rencontre. C’est une victoire importante pour nous.
Un mot sur la réalisation de Marc-Antoine Fortuné qui était muet depuis plusieurs mois…
Je suis très content que ce soit Marco qui ait marqué. Ça faisait un petit moment mais il ne faut pas oublier qu’il réalise une grosse saison. Il pèse énormément sur les défenses adverses. On ne le dit pas assez. Ça va lui faire du bien mentalement. Et c’est une récompense après tout le travail qu’il a accompli jusqu’à maintenant.
Vous êtes directement à l’origine de son but. Comment étiez-vous pour votre retour à la compétition ?
Après un mois sans jouer, ça a été délicat en première période. J’ai eu du mal à me remettre dedans. Je manquais de rythme. Je me suis toujours donné à fond à l’entraînement mais ça ne remplace pas la compétition. J’ai souffert face à Bernard Mendy, qui était en pleine confiance. Mais ça a été mieux après la pause. Je suis content d’avoir retrouvé le groupe et de pouvoir partager de tels moments avec mes partenaires. Mais il faut surtout retenir la victoire et les trois points.
« Ma priorité est d’aller à Saint-Etienne »
Avant cette rencontre face au PSG, vous avez été écarté pendant un mois en raison d’une vraie-fausse signature en faveur de l’AS Saint- Etienne à compter de juin prochain. Comment avez-vous vécu cette période ?
Il y a eu des moments difficiles, notamment après notre match à Saint-Etienne. Ça s’est passé comme ça à Nancy (Ndlr : en référence aux Manceaux Calvé, Matsui, Yebda et De Melo qui arrivent tous en fin de contrat mais gardent tout de même la confiance de Rudi Garcia). J’ai continué à travailler. Je me suis battu tous les jours pour revenir dans le groupe. Et j’ai été récompensé de mes efforts. Il ne me reste plus qu’à continuer jusqu’à la fin de la saison. C’est ma mentalité. Ma réponse a été et sera sur le terrain.
Selon nos informations, vous n’avez encore rien signé en faveur de l’AS Saint-Etienne mais un accord ne serait tout de même plus très loin. Qu’en est-il ?
On discute. Plusieurs équipes me suivent (ndlr : Auxerre, Nice et Valenciennes sont aussi sur le coup) mais compte tenu de son standing, ma priorité est d’aller à Saint-Etienne. Si on arrive à parvenir à un accord, je serais très heureux de rejoindre les Verts. Mais avant tout, j’ai envie de bien finir la saison avec Nancy. On doit aller au bout du challenge qu’on s’est fixés pour cette fin de saison. Mon avenir personnel passe après la suite.
La lutte pour la troisième place continue avec l’Olympique de Marseille qui l’a emporté face à l’Olympique Lyonnais…
On a regardé cette confrontation avec beaucoup d’attention. Malheureusement, les Marseillais continuent de prendre des points. Ils sont dans une spirale positive. Mais on va tout faire pour conserver cette troisième place. Et aller au bout. On a faim. Il ne faut pas tout gâcher dans les six derniers matchs. On ne va rien lâcher. On sera des guerriers jusqu’à la fin.
« Notre groupe est assez sain pour aller jusqu’au bout »
Avez-vous le sentiment que l’ASNL dérange ?
Mais on mérite cette troisième place. Si on en est là, c’est qu’on le mérite aussi. Il y a de la qualité dans cette équipe. Il n’y a pas de stars. C’est le groupe qui est très fort. Et quand le collectif marche bien, les individualités ressortent. Et pas le contraire. Aujourd’hui, c’et notre état d’esprit qui fait la différence. On a vécu des moments difficiles par le passé, que ce soit à Nancy ou ailleurs, et on n’a pas envie de le revivre. En plus, il y a une importante marge de progression dans ce groupe.
Votre performance est-elle sous-estimée ?
C’est comme ça (soupir). Aujourd’hui, on parle peut-être plus du Paris Saint-Germain qui se bat pour ne pas descendre. Et avec le recul, c’est peut-être un mal pour un bien.
Sentez-vous une énorme pression sur vos épaules ?
On est troisièmes mais ça ne se sent pas trop. On n’est pas trop sollicités par les médias. Et on peut continuer à bosser tranquillement. On sait qu’il y a de la pression mais ça ne nous empêche pas de rester nous-mêmes. Mais ça risque de monter en température d’ici à la fin du championnat.
Craignez-vous cette pression ?
Non. Notre groupe est assez sain pour aller jusqu’au bout. On va la garder cette troisième place. On ne donnera. Je sais que ça dérange certains mais peu importe (sourire).