Sylvain Monsoreau, quel regard portez-vous sur votre saison ?
C’est à l’image de l’équipe : des hauts mais, surtout, des bas. J’ai bien commencé jusqu’au mois de décembre. Ensuite, j’ai été blessé les deux suivants. Là, je reviens depuis quelques matchs. C’est une période difficile. Notre prochain déplacement à Bollaert s’annonce décisif.
Depuis votre arrivée sur le Rocher en juillet 2006, vous ne donnez pas l’impression d’avoir réellement donné votre pleine mesure, non ?
La saison passée, j’avais été recruté pour jouer arrière gauche. Et c’est ce qui s’est passé sous l’ère Laszlo Bölöni. Après, je suis bien revenu en tant que défenseur central avec Laurent Banide. Il y a aussi eu une période où j’ai évolué au poste de milieu récupérateur. C’était une période intéressante. J’ai pu jouer avec continuité, et découvrir un nouveau poste. Ça m’a fait du bien après mon expérience à l’Olympique Lyonnais, qui ne restera pas extraordinaire en termes de temps de jeu. Cette année, on s’attendait à davantage collectivement, mais aussi individuellement. Mais on a eu avant tout du mal collectivement. Et ça se ressent forcément sur les prestations individuelles.
Comment expliquez-vous ces difficultés récurrentes du côté de l’AS Monaco ?
Ce n’est pas évident. Après un bon début de saison (ndlr : les Monégasques étaient encore cinquièmes à l’issue de la 23eme journée), on a connu beaucoup de blessures et de suspensions qui nous ont pénalisé. On aurait pu prendre plus de points, mais on n’a pas été aidés par les arbitres, comme ça a été le cas face à l’Olympique de Marseille (ndlr : 3-2, 35eme journée de Ligue 1). Globalement, ça reste une galère. On a progressivement coulé. Ça a été dur à vivre. Aujourd’hui, on doit batailler pour sauver l’essentiel. Dernièrement, on s’est repris, notamment à l’extérieur. Mais on a eu du mal à se faire à l’idée qu’on ne jouait plus la Coupe d’Europe, le haut du tableau.
Votre effectif est composé de nombreux étrangers. Est-ce que ça n’a pas nuit à la cohésion du groupe ?
Ça joue forcément. On a notamment eu quelques arrivées au Mercato (ndlr : arrivées de Pokrivac, Almiron, Fabio Santos et Gonzalez). Il faut du temps pour que les nouveaux joueurs s’adaptent. Ça a joué, mais c’est de la faute de tout le monde. Il faut savoir se remettre en cause quand les choses ne vont pas. On a tous fait des erreurs. On doit les assumer, et s’en servir pour rebondir la saison prochaine. Les dirigeants ont également dû se tromper quelque part, ce n’est pas pour rien que l’on vient d’en changer (ndlr : Jérôme de Bontin a succédé à Michel Pastor au poste de président).
Est-ce que le club a les moyens de rebondir ?
J’espère. Ça fait deux ans que je suis là. A Sochaux, ça c’était bien passé. Idem à Lyon. Aujourd’hui, c’est plus compliqué. La roue tourne. On n’est pas les seuls à qui ça arrive (Lens, Paris, Auxerre). Il faut savoir affronter l’échec, et ne pas se cacher.
« Rennes ? Je suis au courant. J’ai toujours des contacts avec Guy Lacombe »
Mentalement, en ressortez-vous plus fort ?
Ça m’a fait du bien. Ce sont des moments que je ne connaissais pas. C’est difficile à vivre, mais ça vous endurcit. A l’époque, je pouvais rester à Lyon, mais le projet monégasque m’intéressait. Aujourd’hui, ça ne se passe pas forcément comme prévu, mais j’y crois toujours. On va se sauver. Et revenir plus fort la saison prochaine. J’en ai besoin après ces deux ans où j’ai tâtonné.
Vous serez donc toujours à l’AS Monaco la saison prochaine ?
Je n’ai pas envie de quitter le club. Ça serait une erreur de vouloir partir alors qu’on a tout pour réussir sur le Rocher. Je ne suis pas quelqu’un qui va faire quinze équipes dans sa carrière (rires). Si je dois quitter l’AS Monaco, ce sera sur une bonne note. La saison prochaine, j’espère pouvoir m’épanouir, et m’affirmer, dans ce club. Enfin, si les blessures me laissent en paix.
Rennes, Nantes et Saint-Etienne seraient intéressés. Qu’en est-il ?
Je suis au courant. J’ai toujours des contacts avec Guy Lacombe. C’est, sans doute, l’entraîneur qui me connait le mieux. Il a beaucoup compté pour moi. Et c’est toujours le cas. Aujourd’hui, il me donne toujours de précieux conseils. C’est plus qu’un entraîneur pour moi. Après, Nantes et Saint-Etienne vont également chercher à mon poste. Mais dans la difficulté, on apprend à apprécier la stabilité. Aujourd’hui, on doit se serrer les coudes. Une belle aventure pourrait naitre de cette période périlleuse.
L’été prochain, votre effectif devrait encore connaitre de nombreux remaniements…
On sera forcément concernés. Il va y avoir sûrement pas mal de mouvements après ces deux saisons délicates. Il y aura des décisions que l’on ne va pas forcément maîtriser. On est de simples acteurs, mais on va se tenir au courant. Personnellement, je veux faire une saison pleine l’an prochain, retrouver le niveau qui m’avait permis d’être convoité par Lyon et le Werder Brême il y a quelques années. Mais ça passe aussi par une sérénité collective, par des résultats et une ambition commune.