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Publié le 07/10/2012 à 09h20 - Mis à jour le : 08/10/2012 à 00h34
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José Anigo s'exprime en exclusivité pour sport365

De nouveau heureux au sein d'un OM qui a accueilli Elie Baup cet été après le départ de Didier Deschamps, José Anigo reste l'une des figures emblématiques du club. Le directeur sportif marseillais s'exprime en exclusivité pour sport365.

EXCLU365 – MARSEILLE / JOSÉ ANIGO :

José Anigo, malgré les stars arrivées au PSG cet été, l’OM reste le premier club dans le cœur des français…
Je sais très bien le nombre de maillots que l’on vend : autour de 450 000 à travers la France. Aujourd’hui, en termes d’images, on a un vrai outil et c’est une bonne chose. Mais il n’y a pas que cela. Plus les gens se retrouveront dans l’OM, plus on sera populaire. Si l’on prend le cas du PSG, c’est un club puissant financièrement. Seulement, Paris n’appartient pas à un propriétaire mais à un Etat, le plus riche au monde : le Qatar. Donc c’est un PSG un peu colonisé. Moi, j’aime bien ce coté marseillais, fidèle à ce que l’on est. Bien sûr, on aimerait avoir des stars mais il y a aussi une philosophie qu’il faut garder et des convictions. Rester dans cette fibre populaire qui nous va bien et qui colle bien au club, c’est parfait.

Certains joueurs ont pourtant voulu partir…
Vu la saison disputée l’an passé, beaucoup étaient meurtris. Il a fallu convaincre tout le monde pour pouvoir les retenir. Chacun a mis son grain de sel pour que cette équipe prenne forme et pour que les joueurs cadres restent en place. Beaucoup ont une vraie passion pour le club et ont manifesté l’intérêt de rester. Et c’est tout à leur honneur.

Regrettez-vous votre Mercato ?
On peut toujours regretter les choses mais au final, on a joué sept matchs et on en a gagnés six. On perd contre Valenciennes, certes, mais qu’est ce qu’il y a à regretter ? Rien. On verra au Mercato de janvier s’il faut retoucher l’effectif. On aura un peu plus de marges mais pour l’instant, on va faire avec ce que l’on a. Diawara va revenir, N’Diaye aussi. Mendes va jouer car il est arrivé blessé. On a un groupe pour bien figurer dans le championnat.

D’autant plus que l’OM a réalisé ce départ canon…
Le bon début de saison, il faut l’attribuer à Elie (Baup) car il est arrivé dans un contexte pas simple. Il fallait remettre en place une organisation autour de l’équipe et même du club. On a bossé là-dessus. L’arrivée d’Elie a permis de mettre plus de fraîcheur dans la tête des joueurs, dans leur façon de penser, d’aborder les problèmes… C’est beaucoup plus direct, moins sinueux. Grâce à cela, il y a plus de sérénité, de sourires, de calme. Ils ont démarré le championnat sans se poser de questions, sans crainte et avec confiance. C’était un gros travail. On a aussi été en réussite là où ça nous fuyait l’an dernier. L’arrivé d’Elie Baup a permis de retrouver une vie dans le groupe.

« Je n’aurais pas pu continuer dans les conditions de l’an dernier »

Pourquoi avoir choisi Elie Baup justement ?
On avait une liste avec plusieurs noms dont celui d’Elie. Tous ont eu un entretien avec Vincent (Labrune) et Margarita (Louis-Dreyfus). Ensuite, Vincent m’a demandé ce que j’en pensais évidemment. Et de manière logique, le choix s’est porté sur Elie. Même s’il n’a pas entraîné depuis trois ans, il connaît le métier. Le fait d’avoir travaillé pour une chaîne de télévision, d’avoir vu les matchs et d’être resté autant de temps sans entraîner, ça te donne une réflexion différente. Tu n’as pas la même vision sur ta manière d’entraîner, d’aborder certains problèmes dans un groupe… Il est revenu avec une énergie positive et j’apprécie de travailler au quotidien avec lui. Ça n’a pas été le cas avec tous les entraîneurs (sourire).

L’an dernier, on vous a senti au bout du rouleau…
Lorsque je parle, je ne fais pas de langue de bois. Je n’aurais pas pu continuer dans les conditions de l’an dernier (ndlr : avec Didier Deschamps) car personne n’était heureux. Personne. Maintenant, je le suis de nouveau. Je viens le matin, je vois les gens heureux qui plaisantent… On est une bande qui a envie de réussir. On a les crocs car on ne lâchera rien, tout en ne se prenant pas la tête. Tout n’est pas dramatique lorsque l’on perd et tout n’est pas forcément grand lorsque l’on gagne.

« Entre Zlatan et Drogba, je prends Didier »

Quel est le nouveau message du club ?
On veut montrer une image de combat, de lutte, avec moins de moyens que les grands clubs comme Paris. Le sport devient beau lorsque tu y mets de la folie, de la passion, du sérieux. On souhaite que notre équipe se lâche, ne joue pas avec le frein à main, ne se pose pas de questions mais qu’elle reste sérieuse dans l’organisation mise en place par Elie. Et c’est ce qu’elle fait. Elle ne triche pas.

Vous faites partie du club depuis plus de dix ans. Pourquoi rester à Marseille ?
Lorsque tu occupes ce poste, tout ce qui est raconté est une quantité de mensonges. Je peux comprendre que l’on ne soit pas aimé par tout le monde. Mais c’est tellement absorbé par les bons cotés de ce métier car j’aime ce club. Le jour où je partirai, je serai toujours supporter de l’OM. L’éclosion de joueurs, les victoires, les moments avec le groupe sont autant de raisons qui font que j’aime venir bosser ici. Pour les gens, l’OM est encré dans leurs tripes.

Considérez-vous Zlatan Ibrahimovic comme le meilleur joueur de la Ligue 1 ?
C’est vrai qu’Ibrahimovic est le plus doué et le plus fort du championnat. Mais pas le plus fort que le championnat ait connu. On a eu des Francescoli, des Stojkovic, des Drogba… Si tu me donnes le choix entre Drogba et Zlatan, pour bien de raisons, je prends Didier, même à son âge. On a eu des grands joueurs ici. Chez eux, il y a eu aussi des grands joueurs comme Ronaldinho.

Interview exclusive réalisée par Karim Hadouche pour sport365




Rédigé par Rédaction Football365

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