Didier Deschamps, comment comptez-vous gérer le cas de Fernando Morientes qui déçoit toujours un peu plus depuis son arrivée l’été dernier ?
Ce n’est pas le cas pour moi. Il est conscient qu’il peut faire mieux. A Lorient (2-1, 11eme journée de Ligue 1), il a fait ce qu’il savait faire pendant une heure. Après c’est une question de rythme. Il est là. Il fait en sorte d’avoir une attitude très professionnelle, il fait partie du groupe. Si j’en ai besoin, je l’utiliserais.
Mais il doit tout de même vous décevoir, non ?
Je ne suis pas déçu. Il peut mieux faire. Mais quand on est attaquant, on dépend aussi de ceux qui sont derrière et autour. Qu’il ne soit pas à 100% de ses moyens, je ne vais pas le cacher. Après chacun est libre de dire ou d’écrire ce qu’il veut. Mais j’ai du mal à lire ou à entendre certains mots. Il n’a pas 60 ans, il a beaucoup donné. Ce n’est pas parce que je le connais bien mais il y a quand même un respect de l’homme à avoir qui est important. C’est quelqu’un qui est un exemple pour tous au quotidien, je peux vous l’assurer. Ce n’est pas le Fernando Morientes d’il y a quelques années. Mais je dois avouer que je ne suis pas très objectif sur le sujet.
Est-il marqué par toutes ces critiques ?
Le joueur n’est pas touché par les critiques. Il en a tellement entendu, il a suffisamment d’expérience. Même si ce n’est pas agréable de passer d’un extrême à l’autre. Il a beaucoup gagné et il fait beaucoup d’efforts. Quand il y a du travail physique à l’entraînement, il fait toujours en sorte de bien le faire. Et dans le vestiaire, dans le groupe, ce qu’il fait est important pour tout le monde.
Il manque tout de même de vivacité ?
A Monaco, il n’a jamais pris de vitesse ses adversaires, éliminé trois joueurs et marqué. Son jeu est le même aujourd’hui. C’est un travail de remise, de justesse technique. On doit utiliser son jeu de tête. Mais pour ça, il faut des centres. Je connais ses qualités et je sais comment il peut les exprimer. Mais après, j’ai aussi un équilibre à trouver avec ceux qui sont autour de lui.
Recueilli par C.R., correspondant à Marseille