Un seul être vous manque. Et tout est dépeuplé. Dans son équipage d’étoiles, c’est bien curieusement Laurent Bonnart qui semble le plus intéresser ces derniers temps Eric Gerets. L’anti-star marseillaise est devenue quasiment indispensable à ce poste de latéral droit où personne ne l’attendait. Le coach belge, qui connaît la position par cœur pour l’avoir occupée pendant des années en clubs comme en sélection, apprécie depuis son arrivée le rôle de l’ancien Manceau à sa juste valeur. Homme simple, footballeur efficace, Laurent Bonnart s’est transformé en un lien évident entre son entraîneur et le reste de l’équipe, au sein d’une défense où il a été le seul l’an dernier à ne jamais avoir essuyé la critique, même si son coach (qui aime bien châtie bien) ne lui laisse rien passer.
Latéral gauche au Mans, arrière droit à Marseille, Bonnart connaît le métier jusque sur le bout des doigts de pied. Même en vacances, Bonnart fait attention à ses repas et à sa ligne. Avantagé par la nature, il revient avec la ligne et un corps en parfait état, ce qui lui permet de mettre le moteur en marche sans problème quand les autres halètent dans la moiteur de la Commanderie. Et si certains ont longtemps douté de ses capacités de s’installer à Marseille, d’autres ne sont guère étonnés. Frédéric Thomas, grand ami du défenseur connu au Mans, témoigne : « J’étais vice-capitaine au Mans avec lui. Mais ça ne se voyait pas trop car Laurent et moi, nous faisions trente-huit matchs par saison et il ne me passait jamais le brassard ! »
Thomas : « Pas une surprise »
Moins souvent présent l’année précédent sa venue à Marseille en raison d’une blessure sérieuse (fracture à une cheville), le sérieux et sympa Bonnart a en effet la récompense de son travail minutieux et enchaîne chaque saison plus de 33 matchs avec ses clubs. « Ce n’est une surprise pour personne dans son entourage qu’il se soit imposé à Marseille, continue Fred Thomas. Pour le grand public, peut-être que s’en est une. Nous savions que Laurent avait la capacité de le faire. Après, dire qu’il allait faire une saison comme celle-ci, avec la Ligue des Champions, à ce niveau-là… Il est en train de prouver qu’il a un potentiel extraordinaire en France dans un club très médiatique. »
Reste que l’omniprésence de Bonnart sur son flanc droit peut poser problème : Eric Gerets ne dispose pas de solution de rechange. Si la solution David Jemmali est étudiée, il sera difficile de trouver un joueur capable de remplacer qualitativement l’ancien Manceau. Samedi, en Corse, pour la première fois de la préparation, Gerets n’avait pas emmené un joueur qui commençait à sentir venir une petite tendinite. Du coup, c’est Charles Kaboré qui s’est collé au poste de numéro deux, de manière plus convaincante que Ronald Zubar, peu à l’aise dans ce rôle, ou que Pape M’Bow. Avec l’accumulation des matchs et les risques de suspension, doubler ce poste est une vraie nécessité, même si l’OM dit avoir bouclé son recrutement. A moins que Kaboré ne se sente pousser des ailes à ce poste…
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