Christian Gourcuff, le FC Lorient a assuré sa place parmi l’élite pour la saison prochaine. Comment abordez-vous les quatre derniers matchs ?
On est soulagés mais on va tout faire pour terminer le plus haut possible. Notre classement final sera très important pour plusieurs raisons. Ce n’est pas terminé. On doit bien finir ce championnat et surtout se faire plaisir.
L’objectif est de terminer dans la première partie de tableau ?
On ne fixe pas de limites. Le championnat est tellement serré que l’on ne peut pas avoir de certitudes. On peut aussi bien terminer à la quinzième place qu’à la sixième.
Quel regard portez-vous sur cette saison à quelques encablures de la fin ?
C’est positif. On continue de grandir. On en était conscients dès le départ que notre entame de championnat conditionnerait le reste de notre saison. Les points que l’on a pris durant le mois d’août nous ont servi tout au long de la saison (ndlr : les Merlus ont pris onze points sur dix-huit possibles sur cette période), surtout en terme de confiance. Cette année, on a eu pas mal de pépins. Notre secteur offensif n’a notamment pas été épargné. Avec les blessures de Kemal Bourhani, Ulrich Le Pen, Hamed Namouchi et Marama Vahirua, ça commence à faire beaucoup. Mais on a su tenir bon. On a de la ressource.
Comme le Stade Malherbe Caen, vous montrez que les « petits » peuvent se maintenir en faisant du jeu…
C’est une obligation. C’est vrai pour beaucoup d’équipes, et encore plus pour la notre. On sait pertinemment que l’on ne peut pas rivaliser avec les grosses écuries sur le plan individuel. C’est notre collectif qui doit faire la différence. C’est une nécessité.
« Personne n’a encore manifesté son envie de partir »
Avez-vous le sentiment que le club grandit aussi vite que son équipe ?
Entre la décision et la réalisation, il y a toujours un décalage. On se maintient pour la seconde année consécutive, ça devrait réenclencher le processus. C’est une bonne chose mais ça reste beaucoup trop tardif. Au niveau du stade, ce n’est pas digne de la Ligue 1. C’est une évidence. Il y a toujours un décalage quand on n’anticipe pas les choses. Après, concernant le centre d’entraînement, le président avait fixé le maintien comme condition pour investir. J’espère que ça va aller vite.
La saison lorientaise n’aurait-elle pas pu être plus facile avec un vrai buteur à la place du Brésilien Rafael Moura, prêté par Fluminense ?
C’est évidemment un échec mais on est toujours obligés de faire des paris. Ce n’est jamais gagné d’avance. Quand on recrute à l’étranger, il y a beaucoup de paramètres que l’on ne maîtrise pas forcément. Ce n’est pas facile. On n’est jamais à l’abri d’erreurs dans le recrutement.
Sylvain Marchal (Espagne, Turquie), Michael Ciani (Angleterre), Christophe Jallet (France) et Fabrice Abriel (Monaco, Bordeaux, Angleterre) susciteraient de nombreuses convoitises. Comment abordez- vous la prochaine intersaison ?
On verra. Pour le moment, le club n’a pas encore été sollicité. Ce sont des joueurs qui sont encore sous contrat. Il faudra que l’on y trouve notre intérêt en cas de départ. Mais il n’y a pas de raison qu’ils ne restent pas chez nous. Et puis, notre objectif est de garder tout le monde. De plus, personne n’a encore manifesté son envie de partir.
Dans l’autre sens, avez-vous déjà défini les postes à pouvoir ?
Bien sûr, on y pense. On a une idée assez nette de ce que l’on veut faire.
« Je ne manque pas d'ambition »
Le FC Lorient se maintient pour la seconde année consécutive parmi l’élite. Est-ce que votre prochaine campagne va s’en retrouver facilitée ?
Peut-être mais c’est toujours l’aspect financier qui se révèle le plus important. C’est pour cette raison que l’on doit terminer la saison avec le meilleur classement possible. Après, on est attractifs si l’on est capables de faire des résultats. On doit montrer que le club peut nourrir des ambitions intéressantes. Et ceci pour que tout le monde s’y retrouve.
Le Rennais Etienne Didot vous intéresserait particulièrement dans le cadre d’un éventuel départ de Fabrice Abriel. Qu’en est-il ?
Je n’ai jamais caché mon estime pour Etienne. Je l’ai eu à Rennes. Je l’ai lancé chez les pros. Après, il est encore sous contrat avec son club. Mais il nous ferait énormément de bien, notamment avec Fabrice Abriel que j’espère toujours conserver (sourire). Ça ferait une belle doublette au milieu.
En attaque, l’international Rafik Djebbour, qui évolue à Panionios, figure-t-il sur vos tablettes ?
Non, c’est une rumeur.
Quid de Sebastian Quintana (Qatar Sports Club) ?
Je le connais parce que je suis un peu ce qui se passe au Qatar mais c’est tout. Vous savez, on suit beaucoup de joueurs. Il n’y a jamais eu de contacts directs à ce sujet (*).
Personnellement, avez-vous le sentiment que le FC Lorient vous donne les moyens nécessaires pour avoir un vrai projet à long terme ?
On est jamais totalement satisfait de ce que l’on a. Il y a sûrement des manques mais je suis bien ici. Et je ne manque pas d’ambition.
(*) Selon nos informations, les Merlus étaient pourtant particulièrement intéressés par l’attaquant international qatari il y a encore quelques semaines. Les Bretons s’étaient d’ailleurs manifestés concrètement sur le dossier. Le président lorientais Alain Le Roch nous avait confirmé cette piste.