Alain Le Roch, quel regard portez-vous sur la victoire des Merlus face au Paris Saint-Germain ?
Ça tombe à pic après notre défaite à Monaco où les événements avaient vraiment été contre nous. Les joueurs ont fait un grand match pour prendre les trois points. Ce n’est jamais évident face à une équipe du calibre du Paris Saint-Germain. J’espère que c’est de bon augure pour la suite. Il faudra confirmer à Gerland mais ça s’annonce compliqué.
Etes-vous rassuré du niveau de jeu affiché par vos troupes depuis la reprise ?
On a retrouvé notre jeu depuis un petit moment maintenant. Depuis la fin de saison dernière, on est performants. On a bien commencé le championnat (ndlr : les Merlus étaient deuxièmes à l’issue de la 5eme journée). On était même sur un petit nuage. Ce qui nous a d’ailleurs valu quelques désillusions (ndlr : entre la 6eme et la 13eme journée, les hommes de Christian Gourcuff n’ont pris que quatre points sur 27 possibles). De toutes manières, quand on se voit trop beau, c’est toujours ce qui arrive. On a eu une petite traversée du désert mais aujourd’hui, l’équipe s’est ressaisie. Mais maintenant, on ne doit plus commettre les mêmes erreurs. On doit confirmer nos récentes bonnes prestations. Mais avec davantage de rigueur, ce qui nous avait manqué en début de saison. C’est aussi de l’expérience supplémentaire qui devrait nous être profitable.
Le FCL est toujours en phase d’apprentissage ?
Le club n’est pas encore tout à fait structuré. On a fait énormément de progrès au cours des dernières années mais on a encore beaucoup de choses à améliorer. On ne pourra pas le faire en un an. Il nous faudra deux-trois ans pour pouvoir instaurer des bases solides. Ainsi, on arrivera petit à petit à corriger ces manques. Et les combler. Mais aujourd’hui, il y a tout de même un handicap majeur : les moyens financiers. Et ça aussi, ça ne pourra s’améliorer qu’avec un club encore présent en Ligue 1 pendant quelques années. On avance progressivement. Si on passe cette saison, on aura fait un grand pas pour pérenniser le club parmi l’élite.
« On n’a pas les structures sportives dignes d’un club de L1 »
A quels niveaux se situent ces manques ?
On n’a pas les structures sportives dignes d’un club de Ligue 1. On manque de terrains, notamment en herbe. Ce n’est pas acceptable mais ça ne dépend pas que de nous. C’est aussi du domaine de la municipalité. On essaye de les convaincre de faire des efforts. Et ainsi nous permettre d’accéder à de meilleures infrastructures. Ça va prendre du temps. Mais avant tout, on doit leur prouver qu’on peut tenir notre place en Ligue 1.
Ce qui devrait également vous permettre d’être plus attractif au niveau du recrutement ?
C’est notre deuxième faiblesse. Notre réseau et notre cellule de recrutement, ne sont pas assez étoffés. Ce club vient de Ligue 2. Et recruter là-bas, ce n’est pas la même chose que parmi l’élite. Pour trouver des bons joueurs, il faut des contacts internationaux et non nationaux, ce qu’on n’a pas aujourd’hui.
Le cas de Rafael Moura (prêté par Fluminense) en est la preuve parfaite, non ?
Si on avait eu les moyens et le recul nécessaires, on n’aurait pas fait ce genre d’erreur. Pour qu’un club comme le nôtre réussisse, on devrait toujours avoir un coup d’avance sur les autres. On veut d’ailleurs travailler en ce sens. On ne doit pas miser sur des joueurs connus mais davantage sur ceux qui sont sur le point d’exploser.
L’arrivée du Guingampais Yann Jouffre s’inscrit parfaitement dans cette politique…
Nous l’avons pris pour préparer l’avenir. En plus, comme nous n’avons pas encore trouvé l’attaquant que nous cherchons, il peut jouer à gauche. Et ainsi permettre à Ulrich Le Pen de jouer en pointe. C’est une alternative de plus pour l’entraîneur.
« Nous avons abandonné le dossier Gignac »
Où en êtes-vous concernant un possible retour d’André-Pierre Gignac chez les Merlus ?
Nous avons abandonné le dossier.
Et Sebastian Quintana (Qatar Sports Club) ?
On a très peu de choix. Ça sera vraiment très difficile de boucler un attaquant avant la fin du mois. Je préfère être prudent mais ce n’est pas très bien engagé.
Après Rafik Saïfi, Fabrice Abriel susciterait de nombreuses convoitises. Qu’en est-il ?
Il n’y aura pas d’autres départs (ndlr : M’Bodji et Robert ont respectivement été prêtés à Clermont et Ajaccio). Ils ont compris où était leur intérêt. Aujourd’hui, ils s’éclatent à Lorient. Ils prennent du plaisir. Ça les met en valeur mais en cas de départ, ils ne sont pas assurés de trouver aussi bien ailleurs. Avec ce qu’on a montré face à Monaco et Paris, ça doit donner envie à certains joueurs de nous rejoindre.
Etes-vous agacé d’entendre autant de bruits autour de vos joueurs ?
Il y a une différence entre ce qu’on peut lire dans la presse et ce qu’on vit à l’intérieur d’un club. On ne peut pas empêcher des clubs de s’intéresser à nos joueurs. Ni à des agents de donner de la plus-value à leurs joueurs. Ça fait partie de la vie du football professionnel. Ce n’est pas toujours évident. Mais l’important reste les relations que l’on entretient au quotidien avec nos joueurs.
Fabrice Abriel n’a-t-il pas été trop perturbé par l’intérêt de l’AS Monaco ?
Ça peut perturber. Mais on a toujours su que Fabrice allait rester avec nous. C’est un pacte que l’on a passé, non pas il y a quelques semaines mais déjà à la fin de la saison passée.
La donne risque toutefois d’être plus compliquée l’été prochain…
Mieux vaut faire envie que pitié (rires).