Stephan Lichtsteiner, le LOSC revient en force depuis près de trois mois. Qu’en pensez-vous ?
On est sur une bonne dynamique (Ndlr : 21 points glanés sur les 36 derniers possibles). Ça rend toujours les choses plus faciles. On parvient à produire des phases de jeu qu’on ne voyait pas forcément il y a encore quelques semaines. Aujourd’hui, notre situation s’est considérablement améliorée mais on ne doit pas se reposer sur nos lauriers. On a encore des rencontres importantes qui arrivent dans les prochaines semaines. Ça doit nous permettre de faire le trou. Et d’être plus tranquille.
Qu’est-ce qui a changé depuis la mi-décembre, quand le LOSC était dix-huitième place au classement ?
C’est paradoxal, mais on a toujours bien joué cette saison. On a fait de bonnes prestations mais il nous a toujours manqué ce petit plus au niveau de la réussite. On n’était pas présents dans le dernier geste. Mais ça vient progressivement. Globalement, on n’avait pas grand-chose à envier aux plus gros.
N’y a-t-il pas eu un risque de voir le groupe exploser ?
Je ne crois pas. Il n’y a pas de soucis. Depuis le début de la saison, on a toujours produit du jeu. On a rivalisé avec les plus grosses équipes du Championnat mais, au final, on a fait beaucoup trop de résultats nuls (Ndlr : 15 au total en championnat).
Avez-vous des regrets ?
On espérait faire mieux. Mais on ne doit pas regarder en arrière. Aujourd’hui, le groupe doit aller de l’avant. Sinon…
« Le LOSC n’est pas à sa place »
Le LOSC se bat pour le maintien. Ça doit vous faire bizarre, non ?
On parle beaucoup de pression sur le club mais je ne trouve pas qu’il y en ait excessivement. On a un petit peu d’avance sur le premier relégable mais on doit continuer à enchaîner les résultats, et si possibles les victoires, pour remonter au classement. Aujourd’hui, le LOSC n’est pas à sa place. On est capable de faire bien mieux.
Comment voyez-vous la suite des événements ?
Tout est encore jouable. On n’a plus de joker mais on peut encore remonter au classement. On prend les matchs les uns après les autres. C’est le plus important.
Certains joueurs (Fauvergue, Mirallas) se sont plaints du jeu de l’équipe. Comment l’avez vécu au sein du groupe ?
Avec Kevin, c’est un autre problème. Les journalistes ont mal compris ce qu’il voulait dire. Il n’y a pas de problème avec lui. Concernant Nicolas, Il s’est puni tout seul. C’est dommage pour lui. Il a un grand talent mais il doit le montrer sur le terrain. Mais il n’y a pas de soucis avec le groupe. Tout le monde peut déraper.
Personnellement, vous donnez l’impression d’avoir franchi un nouveau cap depuis le début de la saison. Qu’en pensez-vous ?
J’avais fait une première saison qui était très intéressante. La deuxième était un peu plus compliquée. J'avais le sentiment de ne pas trop exister mais j’étais toujours en phase d’apprentissage. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que tout sa passe bien. Mais j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Il ne faut pas s’arrêter maintenant. Je sais que le chemin est encore long.
Sentez-vous que les regards ont changé ?
Peut-être… On m’attend plus.
Vous semblez également vous être assagi par rapport à vos premières années ?
Je crois. Mais il ne faut pas oublier que je prends beaucoup de coups. Il m’arrive de répondre mais c’est plus souvent pour me défendre que pour autre chose. Je ne vais pas me laisser faire. Mais j’essaye de progresser à ce niveau. Je m’adapte. J'ai travaillé sur moi-même.
« Il ne faut pas toujours prendre le chemin le plus facile »
On vous voit désormais occuper un poste de milieu droit. Comment se passe ce repositionnement ?
J’ai la chance d’être polyvalent. Je peux jouer invariablement aux deux postes (Ndlr : arrière et milieu droit). J’aime bien cette position plus haute sur le terrain car ça me permet d’être plus libre offensivement. Je peux prendre davantage de risques. Ça correspond à mes qualités. Et, pour l’instant, ça ne fonctionne pas trop mal (sourire). Je suis sur la bonne voie.
Pourtant, l’été dernier, on vous annonçait sur le départ, notamment au Hertha Berlin avec Lucien Favre. Que s’est-il passé ?
Je n’ai jamais envisagé de quitter le club l’été dernier. Je restais sur une saison moyenne mais il ne faut pas toujours prendre le chemin le plus facile. Et fuir les difficultés. Je sais que le club me fait confiance. Il m’aide à progresser. Je suis très content ici. Et ça paye. Je ne regrette pas mon choix.
D’ailleurs, plusieurs clubs français et étrangers suivraient aujourd’hui vos prestations. Qu’en est-il ?
On entend beaucoup de bruits mais je ne m’y intéresse pas trop. Pour l’instant, je suis toujours au LOSC. Je reste concentré sur notre fin de saison. Le plus important reste le collectif. Et pourquoi ne pas faire une saison supplémentaire à Lille. On verra en fin de saison. Ici, il y a tout pour réussir quelque chose de grand.
L’Euro 2008 arrive. Qu’est-ce que ça représente à vos yeux ?
C’est un gros objectif. Mais c’est encore loin. On a encore beaucoup de matchs à faire pour que Lille connaisse une belle fin de saison. Après, si je continue à bien jouer, j’espère être retenu pour cette grande compétition.
Il y a tout de même une grande concurrence à votre poste…
C’est vrai. Behrami et Degen sont de très bons joueurs mais j’ai également la chance de pouvoir évoluer aux deux postes du couloir droit. J’y crois.