Francis Collado, les lecteurs de mercato365.com ont estimé à près de 23% que le Racing Club de Lens avait réalisé le meilleur Mercato des équipes de Ligue 1. Qu’en pensez-vous ?
(Sourire) C’est une très bonne chose. Le recrutement a été effectué en fonction des désidératas de Jean-Pierre Papin et Daniel Leclercq.
Avec les arrivées de Nadir Belhadj (Lyon), Toifilou Maoulida (Auxerre) et Loïc Rémy (prêté par Lyon), les Sang et Or ont tout de même frappé un grand coup, non ?
Le staff technique a regardé quels pouvaient être les manques techniques et de vitesse de cette équipe. Après, nos choix se sont portés sur des joueurs bien précis. Et on a essayé de faire le maximum pour les avoir. Concernant Nadir Belhadj, ça a été plus facile car il aime bien le Racing Club de Lens pour y avoir été formé. Et ceci même s’il avait d’autres équipes sur lui. Pour Toifilou Maoulida, il intéressait des clubs étrangers et surtout Saint-Etienne. Mais le Racing attire toujours. En plus, la présence d’un ancien grand attaquant comme Jean-Pierre Papin est un autre élément essentiel. Et puis, au dernier moment, on voulait un joueur de plus avec les départs de Kanga Akalé (ndlr : prêté à l’Olympique de Marseille) et Luigi Pieroni (ndlr : prêté à Anderlecht). On cherchait un joueur capable de nous amener de la percussion et de la vitesse. De son côté, Loïc Rémy était à la recherche de temps de jeu. Beaucoup de clubs étaient sur le coup mais on a su faire le nécessaire pour qu’il vienne.
Il semblait pourtant promis au Stade Malherbe de Caen…
Ce ne sont pas des éléments financiers qui ont fait la différence. On a sûrement une certaine force de persuasion mais il ne faut pas oublier que le Racing Club de Lens représente tout de même quelque chose dans le football français, notamment en termes de public. En plus, malgré nos difficultés du début de saison, on a l’effectif pour être à une meilleure place qu’à celle que l’on occupe aujourd’hui (ndlr : les Artésiens sont actuellement seizièmes de L1).
Malgré des résultats à la baisse, le Racing Club de Lens continue d’attirer. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
C’est rassurant. Ça explique que comme tout le monde, nous pouvons connaître des trous d’air. Il faut reconnaître que nous avons eu une succession de coachs (ndlr : Francis Gillot, Guy Roux et Jean-Pierre Papin se sont succédés au cours des derniers mois) avec, à un moment donné, un recrutement qui était propre à certains. Mais notre travail des dix dernières années est reconnu. Sur cette période, le Racing occupe tout de même la quatrième place. Le club est toujours attractif.
« Au Mercato ? Il faut recruter des joueurs opérationnels rapidement »
Au cours des derniers mois, on a vu vos recruteurs suivre de nombreux joueurs à l’étranger mais à la fin, vous vous retrouvez avec un recrutement 100% français. Que s’est-il passé ?
On a exploré des pistes au Qatar, en Roumanie, au Japon, en Corée et en Turquie. Mais le Mercato est un peu particulier. Dans cette période, selon nous, il faut recruter des joueurs opérationnels rapidement. Il y a le problème de la langue, de la connaissance du championnat français, de l’équipe… C’est délicat. Certains joueurs étrangers peuvent connaître des périodes de latence, surtout dans le Nord de la France. Nous avions besoin de joueurs qui devaient être immédiatement opérationnels. En plus, il n’y a rien de perdu. Nous avons pu repérer des joueurs pour le futur.
Arrivés l’été dernier, Bonaventure Kalou, Lucien Aubey, Luigi Pieroni et Kanga Akalé ont déjà fait leurs valises. N’est-ce pas un cruel désaveu pour la cellule de recrutement lensoise ?
Ces joueurs ont une certaine estampille auxerroise. A un moment, ils se sont retrouvés seuls au départ de Guy Roux.
Julien Sablé et Razak Boukari ont également fait part d’un certain mal-être mais sans parvenir à trouver preneur. Ne sont-ils pas partie pour six mois de galère ?
Ce sont des professionnels. Ils vont rapidement se remettre dans le sens de la marche.
Le cas de Sidi Keita doit-il leur servir d’exemple ?
Exactement. L’année dernière, il devait faire face à la concurrence de Seydou Keita et Nenad Kovacevic. Ce n’est pas rien. Cette année, il a montré qu’avec de la ténacité et du mental, on pouvait toujours revenir au plus haut niveau.
Plus globalement, compte-tenu, de votre expérience, quel regard portez-vous sur ce Mercato 2007-08 ?
Il n’a pas été très vivant. C’était un Mercato relativement calme avec des joueurs qui sont repartis pour retrouver du temps de jeu. Il y aussi eu des opportunités comme Nadir Belhadj que nous avons pu acquérir définitivement. La question des droits télés a peut-être également joué.