Même si le deal était clair au départ, Saber Ben Frej commençait à trouver le temps long. Recruté cet hiver pour palier la saison prochaine le départ de Jean Calvé, l’international tunisien de 29 ans pensait participer un peu plus au championnat français. Arrivé après la CAN disputée au Ghana, l’arrière droit a déchanté, ne jouant pas du tout jusqu’à ce déplacement à Nancy. « Je veux jouer tous les matchs, nous a-t-il confié jeudi midi. Si je suis venu de Tunisie, c’est pour jouer. Mais je suis venu après la CAN au Ghana et il y a eu pas mal de soucis. Déjà au niveau climatique, c’était dur de s’adapter au froid. En plus, il y a un joueur à ma place (Jean Calvé) qui est performant et l’équipe marche bien. J’ai dû travailler en attendant d’avoir l’occasion de jouer enfin. »
Saber Ben Frej est légitimement impatient. A 29 ans, il débarque enfin en Europe, son grand objectif après avoir attendu longtemps son tour à l’Etoile du Sahel. A cet âge, il n’a plus de temps à perdre. Toutefois, cet hiver, il a fait preuve d’intelligence en refusant des propositions plus alléchantes. Ne confondant pas vitesse et précipitation, il a écarté l’idée d’un départ à Marseille, qui le suivait, pour privilégier la piste d’un club intermédiaire qui lui donnerait le temps de s’acclimater à un nouvel environnement. Ce fut le cas au Mans : « Le président, le coach et le directeur sportif m’ont dit tout de suite qu’ils comptaient sur moi la saison prochaine. Finalement, c’était une bonne idée car je devrais être totalement prêt pour le début de la saison. »
« Des moins deux, moins quatre degrés »
Comme Adenon, également arrivé cet hiver, Ben Frej et la colonie africaine du MUC sont mis dans les meilleures dispositions du côté de La Pincenardière. Habitué à gérer l’arrivée de joueurs du Continent Noir, le club sarthois laisse le temps aux déracinés de s’habituer au froid, à un nouveau rythme de travail, à de nouvelles méthodes et à un nouveau jeu : « Monsieur Roger Lemerre m’a conseillé de venir ici, confirme Ben Frej. Il avait raison, ils font tout pour moi ici dans ce club pour m’accueillir comme il faut. On s’occupe beaucoup de nous. Je n’ai pas été surpris car on m’avait prévenu. La seule surprise, c’est le froid, avec des moins deux, moins quatre degrés, qui me donnaient envie de dormir. »
Deux mois après son arrivée, Ben Frej commence à se faire au climat et au football français. Bientôt à 100%, il déborde d’ambition avec le club sarthois. Déçu de l’élimination face à Lens en Coupe de la Ligue, il entend bien grappiller du temps de jeu supplémentaire jusqu’à la fin du championnat, avec une petite idée derrière la tête : décrocher la cinquième place qui pourrait ouvrir les portes de la Coupe de l’UEFA. Arrivé tardivement en Europe, Ben Frej veut rattraper le temps perdu en jouant rapidement la Coupe d’Europe : « On vise la cinquième place : c’est l’objectif de tous les joueurs. On a envie de jouer la Coupe de l’UEFA. Si on a peur de jouer la Coupe d’Europe comme d’autres ? Non, aucun problème car on a confiance en nous. On est passé par une période sans victoire au mois de mars mais avec notre force de caractère, on a gagné contre Auxerre et réussi un bon nul à Nancy. Ça montre qu’on a confiance en nous. » Le futur remplaçant de Jean Calvé, patient ces derniers mois, voit se profiler la saison prochaine avec une envie non dissimulée.