Daniel Moreira, qu’est-ce que ça fait d’être les « stars » de ce début de saison ?
Rien de spécial. Nous avons gagné deux matchs, donc il y a un peu plus d’attention sur nous car nous sommes en tête mais nous nous savons que la saison est très longue. Après, c’est sûr que c’est inespéré même si nous avons fourni deux bons matchs, donc nous sommes récompensés. Maintenant, nous savons que nous n’avons pas un effectif pour tenir toute une saison. Il ne va pas falloir se blesser et il va falloir faire attention à plein de choses. Nous sommes peut-être un peu chanceux depuis le début et ça marche bien. Mais ça peut se retourner donc il faut faire attention.
Sur quoi se sont jouées ces deux victoires ?
Je pense que nous avons vraiment été solidaires. Nous sommes une petite équipe, nous le savons, d’autant que tout le monde n’arrête pas de nous le dire. Alors est-ce que nous jouons un petit peu là-dessus pour nous motiver ? Nous sommes un bloc, nous ne lâchons rien. On l’a vu à Sochaux où, même menés 1-0, nous avons réussi à revenir et à gagner ce match-là. Et contre Rennes, nous avons réussi à conserver le résultat. Dans la tête, nous sommes forts pour l’instant.
En signant à Grenoble, vous attendiez-vous à ce que l’équipe surfe sur les mêmes valeurs que celles qui lui avaient permis de monter de L2 en L1 ?
Oui, exactement. Je savais aussi qu’ils étaient invaincus au Stade des Alpes, qui est un superbe stade. Nous essayons de jouer un peu là-dessus, de se dire qu’il faut garder cet esprit le plus longtemps possible. Il y a bien un moment où nous allons craquer mais nous allons résister. Et après, je pense réellement que Grenoble peut rester en L1.
D’un point de vue populaire, avez-vous tout de suite senti que ces deux victoires avaient eu un impact sur les supporters ?
Oui, oui. De toute façon, quand j’avais eu Mecha (Bazdarevic) avant de signer, il m’avait dit qu’ici, au niveau des supporters, ça ressemblait un peu à Lens, qu’ils étaient à fond derrière leur équipe. Ça a confirmé tout ça.
« Ça faisait deux ans que je galérais »
Les jeunes sont-ils à l’écoute des joueurs expérimentés de l’équipe dont vous faites partie ?
Oui, ils sont à l’écoute. Pour certains, ils découvrent la Ligue 1, donc ils savent les sacrifices qu’il faut faire. Nous essayons de leur dire comment ça va se passer. Nous sommes aussi là pour leur dire de ne pas s’enflammer car beaucoup de yeux tournent déjà autour du club pour peut-être nous les prendre et leur faire tourner la tête. Nous, nous sommes justement là pour leur dire que tout ça c’est faux et qu’ils auront tout le temps de voir ça à la fin de l’année. Nous essayons vraiment de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité.
Quand le recrutement grenoblois semblait stagner, vous êtes-vous inquiété ?
Je suis arrivé dans les derniers donc j’avais eu des renseignements auprès de Laurent Batlles. Et si des bruits ont couru au sujet de l’argent qui manquait, nous, ici au club, nous avons toujours été confiants. Nous savons que les dirigeants nous rassurent tout le temps en nous disant qu’il n’y a pas de soucis et qu’à chaque fois qu’il y a des retards de paiement, l’argent est là. Nous savons qu’il y a la possibilité de faire de belles choses avec Grenoble.
La préparation vous avait-elle également donné confiance pour la suite ?
Oui, car je n’ai pas été blessé et que j’ai marqué quelques buts, c’est dans la continuité, c’est bien. Moi, ça faisait deux ans que je galérais, donc retrouver un club qui monte et a envie de se faire un nom, c’est parfait. Après, personnellement, j’avais envie de jouer, de marquer des buts et d’évoluer à mon poste. Je n’ai que 31 ans, donc il me reste encore de belles années. Je vais essayer d’en profiter.