C'est fait. Laurent Blanc et Jean-Louis Gasset restent à Bordeaux. Pour deux saisons. Et cette décision est loin d'être anodine. Deux ans, voilà le temps que se donne Laurent Blanc pour arriver à maturité dans le championnat de France et, vraisemblablement, pour gagner un ou plusieurs titres. En fin de contrat en juin 2009, l'ancien défenseur de l'équipe de France était dans une situation confortable puisque son club aurait été mal avisé de ne pas reconduire un entraîneur qui réussit à faire de son équipe un rival de Lyon en France, avec un effectif et des moyens plus limités. Si sur la scène européenne, Bordeaux n'a pas plus convaincu avec Blanc qu'avec Ricardo, l'actuel et futur entraîneur a réussi à mettre en place un style de jeu. Ce qui veut dire quelque chose du côté du stade Jacques Chaban-Delmas, qui rêve encore des années Giresse-Tigana-Lacombe ou du passage du trio Lizarazu-Zidane-Dugarry. M6 et Jean-Louis Triaud ont donc fait le choix de l'évidence en se mettant d'accord avec leur coach.
Laurent Blanc qui reste à Bordeaux, cela va permettre aussi dès aujourd'hui au club de bâtir son équipe pour la saison prochaine. Le cas Yoann Gourcuff devrait ainsi être réglé plus rapidement que prévu. Soit il reste et tout le monde s'en frotte les mains, soit il part et Blanc aura quelques mois pour penser à la suite. Le cas Gourcuff n'est pas le seul que Laurent Blanc, dont le pouvoir est plus que réaffirmé aujourd'hui, pourra régler. Après cette saison, des joueurs comme Souleymane Diawara, Alou Diarra, Marouane Chamakh et Fernando Cavenaghi vont attirer la convoitise des meilleurs clubs, ou au pis des plus fortunés. Laurent Blanc, à défaut de profiter des largesses excessives du groupe M6, pourra désormais leur parler d'avenir et les convaincre qu'il serait idiot d'aller chercher fortune ailleurs, surtout pour ceux qui ambitionnent de jouer la Coupe du Monde 2010. Blanc, enfin, pourra aller chercher ailleurs de nouveaux éléments pour renforcer son équipe. Car même si Bordeaux réussissait à détrôner Lyon sur le plan national cette saison, le Cévénol ne pourra rester sur cette satisfaction qu'un temps.
Car Blanc a une ambition légitime et même obligatoire à ce niveau. Après la France, il visera d'autres espaces. Lyon lui a fait des courbettes et semble aujourd'hui le seul club français capable à l'avenir de lui proposer mieux que les Girondins. Mais aujourd'hui, cette hypothèse a du plomb dans l'aile. Après avoir attendu quatre ans un poste, Laurent Blanc est un homme pressé qui n'a pas prévu de s'éterniser trop longtemps dans le milieu. Après Bordeaux, il y aura soit un grand club européen, soit l'équipe de France. Un autre métier, sélectionneur, un autre challenge. Mais pour cela, il faudrait un tremblement de terre à la Fédération qui l'a éconduit en 2004. Aujourd'hui, la piste pencherait donc vers un grand club étranger. Sa cote explose actuellement en Espagne où on a noté que « le Président » alliait résultats et beau jeu. L'Angleterre, également, pourrait être un bon terrain d'expression. Blanc a ramené de Manchester United sa culture d'entraîneur qui responsabilise les joueurs au lieu de les assommer de mises au vert. Mais ça, c'est le futur. Dans le présent, Laurent Blanc est à Bordeaux. Et que tout le monde en profite : « Peut-être qu'on se reverra dans dix ans, confiait-il à So Foot en septembre 2008. Et que vous me direz vous êtes encore là, vous ? Le premier surpris, ce sera moi. »
Rédigé par Olivier DE LOS BUEIS Le contacter
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