Lors d’une chronique précédente « sur quoi l’entraîneur doit-il se concentrer », Jean Philippe Heuzé, maître de conférence à l’Université Joseph Fournier–Grenoble 1, nous expliquait l’importance de l’efficacité collective. A l’approche d’un France-Norvège intéressant pour la suite des Championnats du monde, regardons comment l’équipe de Norvège développe et entretien son efficacité collective.
Lars Tore Ronglan, membre de “The Norwegian School of Sport Sciences”, a suivi l’équipe de Norvège durant les précédents Championnats du monde de handball féminin et durant les derniers Jeux Olympiques. Ce suivi lui a permis de publier en 2007 un article dans la revue scientifique “The sport psychologist” intitulé « Building and Communicating Collective Efficacy: A Season-Long In-Depth Study of an Elite Sport Team ». L’objectif de cet article est d’expliquer comment l’équipe féminine de handball développe et entretien l’efficacité collective. Elle découpe son article en différentes périodes :
- Avant le tournoi : produire l’efficacité collective. Différents moyens ont été utilisés pour développer l’efficacité collective : un discours optimiste de l’entraîneur, des références à des réussites passées, la mise en place de rituels d’équipe pour exprimer et renforcer le groupe, le moral de l’équipe et la confiance en soi, créer une dynamique de soutien social.
- Durant le tournoi : démontrer les croyances d’efficacité. L’équipe a élaboré collectivement un slogan : “Let s take the court into our possession”. Grâce à des encouragements, acclamations, tapes dans les mains, démonstrations d’amitié, l’équipe activait des croyances d’efficacité en démontrant leur enthousiasme et leur volonté. Dans cette démonstration d’efficacité collective, certaines joueuses avaient un rôle spécial de modèles et de combattantes.
- Après le tournoi : évaluer. Après chaque match, le discours était axé sur deux points : renforcer les bonnes performances et identifier les éléments à améliorer. Montrer également que l’ensemble de ces points dépendent de la volonté des joueurs à réussir et non d’éléments extérieurs. Ne pas négliger que dans une compétition, le résultat dépend de l’interaction entre deux équipes et que l’on n’est jamais seul à bien faire ou pas mais qu’il existe une opposition adverse.
L’efficacité collective est un des éléments essentiels à la réussite en sport collectif. La Norvège étudie donc de près comment la développer et l’entretenir. En espérant, bien sûr, pour la France, qu’exceptionnellement mardi, la Norvège ne fasse pas preuve d’une grande efficacité collective!
Yvan PAQUET, Docteur en STAPS, spécialiste de psychologie du sport, www.psychocsie.fr, yvan.paquet@psychocsie.fr