Robert Pires, votre nom circule lors de ce Mercato. Allez-vous quitter Villarreal cet hiver ?
Je ne vois pas le président me laisser partir maintenant. C'est ce que je pense mais c'est aussi ce que je lui ai dit. Maintenant, vu que je serai en fin de contrat en juin, je peux dès aujourd'hui discuter et signer avec n'importe quel club. Donc si j'ai une proposition de France, d'Angleterre ou d'Italie, je suis prêt à l'écouter. Personnellement, je pense que je vais finir la saison ici mais je n'exclue pas de discuter avec d'autres clubs. Pour l'instant, personne ne s'est manifesté. Mais c'est normal car par rapport à tout ce que j'ai pu dire, les gens pensent que je suis bien ici et que je veux rester.
Seriez-vous prêt à quitter Villarreal dans les prochains jours ?
Avant de répondre à cette question, j'aurai une discussion avec le président et le directeur sportif de Villarreal. Probablement avant la fin du mois. Ensuite, je déciderai de ce que je ferai et nous prendrons une décision ensemble. Ça ne dépend que de Villarreal. Si le club a envie de se séparer de moi car il y a des propositions, je partirai tranquillement car ça voudra dire que le président aura décidé de ne plus me faire confiance et de ne pas me proposer d'année supplémentaire. Mais si le club a envie que je reste, sachant que je peux les aider pour accéder à une Coupe d'Europe, je jouerai alors le challenge à fond. Tant que je n'aurai pas eu cette discussion avec le président, je ne peux pas trop m'avancer.
Votre manque de temps de jeu grandissant ces derniers temps est-il susceptible de vous donner envie de partir ?
C'est sûr que j'aimerais avoir un peu plus de temps de jeu car je me suis aperçu que je passais quand même au deuxième plan par rapport à certains joueurs. Après, si je parle de temps de jeu c'est parce que je suis capable et que j'ai encore envie de faire l'effort. Car physiquement, je suis bien. Et mentalement, je suis prêt à relever un autre défi, ça ne me fait pas peur. C'est pour ça que je peux aligner sans problème trois matchs par semaine et je l'ai fait en novembre-décembre. Pour l'instant, le coach ne m'a pas dit qu'il me ferait jouer plus ou moins souvent qu'aujourd'hui. Et je ne pense pas qu'il me le dise. (rires) Mais si nous nous qualifions pour le prochain tour de la Coupe, nous allons nous retrouver avec sept ou huit matchs en janvier. Ce qui veut dire qu'il aura besoin de tout le monde. C'est comme au poker : il faut prendre des risques.
La saison dernière, vous ne jouiez pas non plus tous les matchs…
(Il coupe) Oui mais avec Pellegrini (ndlr : L'ancien entraîneur de Villarreal, parti cet été au Real Madrid), je jouais quand même plus. Aujourd'hui, je ne suis pas satisfait de mon temps de jeu. Car je sens que je passe au second plan alors que je me sens très bien physiquement. Est-ce que mon départ peut soulager financièrement Villarreal ? Est-ce qu'ils ont encore envie de moi ? Même moi, je me pose plein de questions. Mais je ne pourrai pas y répondre tant que je n'aurai pas eu le président en face de moi. C'est pour ça que ce mois de janvier sera important pour les six mois à venir.
« Tu ne peux pas rester insensible à Lyon »
Votre nom est beaucoup revenu du côté de Lyon durant les fêtes. Que s'est-il passé exactement ?
Honnêtement, je ne sais pas ce qu'il s'est passé avec Lyon. J'ai pu lire et entendre les déclarations de Claude Puel, de Bernard Lacombe et du Président Aulas. Mais sans savoir si l'intérêt de Lyon était vrai ou pas. Quand tu n'as pas le président ou l'entraîneur au téléphone, tu peux dire que ce ne sont que des bruits. Je ne m'enflamme pas aussi facilement. En tout cas, c'est clair que tu ne peux pas rester insensible à Lyon. Mais comme pour l'instant, ils n'ont besoin de personne et le dossier est clos. Maintenant, ça m'a fait plaisir de voir que l'on parlait de moi à Lyon. Ça prouve que ce que je peux faire sur le peu de temps que j'ai à Villarreal ne passe pas inaperçu. C'est pour ça que je garde espoir pour le futur. Que ce soit à Villarreal ou ailleurs.
Avez-vous renoncé à jouer un jour au Portugal où Benfica semblait intéressé cet été ?
Si un club comme Benfica a envie de s'attacher mes services, j'irai, il n'y a pas de souci. Mais je le répète : c'est le président de Villarreal qui a la priorité et qui décide. Moi, je ne peux rien dire, surtout vis-à-vis du respect que je lui porte et de la confiance qu'il a en moi. Et je peux très bien faire aussi des efforts de mon côté, sans aucun problème. Je ne peux pas avoir la mémoire courte, surtout avec ce club car j'entame quand même ma quatrième saison sans que le président ne regarde à aucun moment l'âge que j'ai. Quand tu dis mon âge à certains entraîneurs ou président, j'ai l'impression que l'on m'a coupé une jambe, que je ne sais plus jouer au foot ou courir. Alors que nous ne sommes pas tous pareils. Moi, j'ai 36 ans, j'ai eu la chance de jouer à un haut niveau avec Villarreal et je tiens la cadence.
Tout le monde n'a pas l'air convaincu…
Les matchs, je les ai joués en novembre et décembre, je les ai même alignés. J'ai en plus eu la réussite de marquer quelques buts. Ce n'est qu'après que je me suis aperçu que je passais au second plan. Ça ne s'était pas passé comme ça durant mes trois années avec Pellegrini. Surtout pour les gros matchs, comme celui de samedi face au Barça. Sur ce genre de matchs, Pellegrini avait toujours confiance en moi. Samedi, je me suis rendu compte que ce n'était pas le cas. Mais ça fait 17 ans que je joue et j'ai appris que l'on ne pouvait pas plaire à tout le monde.
Est-ce de nature à vous écœurer ?
Ce n'est pas écœurant mais c'est toujours énervant de ne pas être utilisé. Que je ne sois pas dans le onze de départ, ce n'est pas grave. Mais ne même pas entrer en jeu, ça met les boules. Surtout que pour la première fois, j'ai vu qu'il y avait vraiment la possibilité de gagner à Barcelone. La preuve : Séville est allé gagner là-bas deux jours après. Il y avait donc vraiment un coup à jouer. C'est pour ça que quand j'ai vu que je n'étais même pas entré en cours de jeu, je me suis dit qu'il n'avait plus besoin de moi. Honnêtement, je pensais que j'allais entrer en jeu, comme d'habitude. La déception de trop ? Non, je me laisse encore quinze jours pour voir.
Premiére Page | page 1 de 2 | Derniére Page