Willy Sagnol fait figure d'exception. A l'heure du football moderne et des transferts à tout crin, le latéral droit français n'a connu que trois clubs. Formé à Saint-Etienne (1990-97), il a par la suite endossé les tuniques de l'AS Monaco (1997-2000) et celle du Bayern Munich (2000 à aujourd'hui). En Bavière, il s'est imposé comme l'un des meilleurs spécialistes mondiaux à son poste. Dans le même temps, il est devenu titulaire indiscutable en équipe de France, dont il est l'un de tauliers.
A Munich, Sagnol fait désormais partie des meubles. A tel point qu'en 2006, il a prolongé son contrat jusqu'en 2010 et ce, alors que la Juventus Turin lui faisait les yeux doux. Il se sent bien en Bavière. Tellement bien que la saison passée, il n'avait pas hésité à déclarer qu'il envisageait de terminer sa carrière avec le maillot rouge sur le dos. « Je veux rester au Bayern jusqu'au terme de ma carrière », a déclaré Sagnol. «Que ce soit jusqu'à 2010 ou plus tard, cela dépend de mon corps. Et si je réalise mon rêve, à savoir gagner une nouvelle fois la Ligue des champions. »
Préparer la succession de Neville
Seulement, en un an, la donne a considérablement changé. Blessé au genou droit, il n'a pas encore disputé la moindre rencontre cette saison. En son absence, le Bayern Munich survole la Bundesliga. Christian Lell (23 ans), son successeur sur le couloir droit, n'aligne pas les prestations sensationnelles mais fait le boulot. Sagnol retrouvera-t-il sa place, une fois qu'il aura récupéré l'intégralité de ses moyens ?
Toujours est-il que certains courtisans n'attendent qu'une chose. Que Sagnol renoue avec la compétition pour se positionner en vue d'un éventuel transfert. Les dirigeants de Manchester United raisonneraient ainsi. Ils cherchent un successeur au vieillissant Gary Neville (32 ans). Celui-ci revient également de blessure, après être resté sept mois sur le flanc. Les Red Devils suivraient Sagnol depuis longtemps. A en croire l'entourage du joueur, cet intérêt ne le laisserait pas de marbre.