International gabonais d’Ankaragücü, Roguy Meyé se faisait une joie d’évoluer aux côtés de Jérôme Rothen sous les ordres de Roger Lemerre. Mais pour faire de la place à Robert Vittek, son patron l’a transféré sans le prévenir.
Le football n’a décidément aucune limite. Et Roguy Meyé vient de le constater. Dimanche dernier, de retour de la CAN, l’attaquant d’Ankaragücü était aligné par Roger Lemerre en championnat turc. Mais l’international gabonais ne pouvait se douter qu’il serait deux jours plus tard le héros d’un bien mauvais scénario, mettant en péril le film de sa vie sportive. Sa situation s’avère en effet ubuesque aujourd’hui. Jusqu’ici, tout allait plutôt bien pour cet attaquant de 23 ans. Un bon contrat en Turquie, la sécurité de l’emploi jusqu’en 2012, un salaire confortable, des virements qui arrivent sur le compte avec juste un peu de retard, la vie sympa dans une capitale… Et puis en début de semaine, le dernier jour du Mercato, un coup de fil à 6h00 du matin. Roguy Meyé est invité à ne pas venir à l’entraînement d’Ankaragücü. Voilà le Gabonais foutu à la porte de l’équipe de Roger Lemerre, prié de rejoindre la formation d’Ankaraspor contre l’avis du staff technique. Quant à son casier, il a été vidé… Roger Lemerre comptait pourtant sur le garçon. Roguy Meyé et son agent ont évidemment tout fait constater par huissier et vont porter l’affaire devant la justice sportive et sans doute civile pour rupture unilatérale abusive de contrat. Mais en attendant, voilà Meyé « prisonnier » d’un club d’Ankaraspor qui n’a plus de véritable existence sportive que son nom…
On peut même parler d’équipe fantôme. Ankara, capitale de la Turquie et deuxième ville du pays après Istanbul, a en effet été le berceau d’un vrai scandale dans le football turc. Récemment, trois clubs importants de la cité étaient encore inscrits en Première Division : Gençlerbirligi, Ankaraspor et Ankaragücü. Si le maire d’Ankara apprécie le ballon rond, son fils Ahmet Gökçek (35 ans) est lui impliqué personnellement. Déjà président d’Ankaraspor, Ahmet Gökçek avait décidé en début de saison de devenir l’un des dirigeants les plus influents d’Ankaragücü. Mais devant ce conflit d’intérêt évident, mettant en danger l’équité dans le championnat, la sanction de la Fédé nationale est tombée comme un couperet le 15 septembre dernier : l’un des deux clubs, en l’occurrence Ankaraspor, est sanctionné. Il est exclu du championnat de D1 pour la saison 2009-10 et rétrogradé en D2 pour la saison prochaine. Les joueurs sous contrat à Ankaraspor apprennent alors qu’ils ont un mois pour se recaser ailleurs s’ils le souhaitent. Fin octobre, les éléments les plus côtés de l’équipe sont prêtés… à Ankaragücü. Roguy Meyé fait partie de ces joueurs qui paraphent le 22 octobre un prêt courant jusqu’en mai 2010. Et puis le Mercato arrive. Meyé, rassuré par le nouvel entraîneur Roger Lemerre nommé en décembre, part à la CAN l’esprit tranquille. Car l’ancien sélectionneur des Bleus compte sur le garçon qu’il a affronté avec le Maroc lors des éliminatoires du Mondial 2010. Il l’aligne ainsi comme titulaire le 31 janvier dès son retour de la CAN.
Et puis arrive au bout du Mercato le Lillois Vittek. Les clubs turcs ont droit à huit étrangers par équipe, dont six sur le terrain. Et le club de Meyé a fait le plein cet hiver avec les arrivées de Rothen, Sapara, Rajnoch, Vittek et Geremi. Il faut donc se séparer de quelqu’un pour faire de la place. La décision semble alors vite prise, sans en référer à Lemerre ou à son staff, ni à Meyé évidemment. Malgré un salaire des plus corrects, le Gabonais est invité à quitter Ankaragücü pour l’équipe fantôme d’Ankaraspor. Une décision d’autant plus bizarre que les dirigeants d’Ankaragücü avaient la possibilité de prêter, voire vendre le Gabonais à Strasbourg, Nantes ou même Le Mans cet hiver s’ils désiraient se séparer du joueur pour libérer une place d’étranger dans l’effectif. Meyé, aujourd’hui, doit supporter cette décision inique et arbitraire. Et il va tenter de se battre en espérant qu’un club se souviendra de lui et lui fera confiance. Confiance, une notion écornée aujourd’hui pour Roguy Meyé…
Commentaires à propos de ""..........................................................................................................................
kamikaze
Club365
Vendredi 05 février 2010 à 14h50
Ces joueurs n'ont qu'à jouer penser foot et non au pognon, ils ne se retrouveraient pas dans ces pays. Je dis ça pour ceux qui peuvent jouer dans des vrais clubs ;-)
kamikaze
Club365
Vendredi 05 février 2010 à 14h50
Ces joueurs n'ont qu'à jouer penser foot et non au pognon, ils ne se retrouveraient pas dans ces pays. Je dis ça pour ceux qui peuvent jouer dans des vrais clubs ;-)