Sébastien Puygrenier, comment se passent vos premier pas au Zenit Saint-Pétersbourg ?
Ça aurait pu mieux commencer (rires). Pour mon premier match en Coupe de Russie, on a perdu. Après, j’ai eu l’occasion de faire mes débuts en championnat mais ça s’est soldé par une expulsion au bout de quinze minutes. Ce n’est pas terrible comme entame mais aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. L’équipe tourne mieux. Et je trouve progressivement mes repères. Je suis bien. Il m’a simplement fallu du temps pour reprendre le rythme après une longue période sans match.
Après de tels débuts, quelle a été la réaction de la presse russe à votre égard ?
Ça va. Enfin, je pense. La même mésaventure était arrivée la saison passée avec un défenseur belge (Ndlr : Nicolas Lombaerts qui arrivait de La Gantoise). Et puis, je ne comprends pas encore le russe (sourire). C’était peut-être mieux comme ça…
Comment se passe votre intégration ?
Ça ne se passe pas trop mal. Il y a évidemment la barrière de la langue, mais plusieurs joueurs parlent anglais, ça facilite les choses.
Sentez-vous une grosse pression autour du club ?
Le Zenit a une forte popularité en Russie. C’est un club à part. On se sent attendus. Mais on peut tout de même travailler tranquillement. Il suffit de voir les résultats de l’équipe au cours des dernières saisons. Au niveau des joueurs, on parle beaucoup d’Andrei Arshavin, mais c’est l’Ukrainien Anatoly Tymoschuk la vraie star.
Revenons sur votre transfert…
Ça a été long à se dessiner. Ça m’a beaucoup perturbé, notamment cette histoire avec l’AS Saint-Etienne. Mais aujourd’hui, je suis vraiment très content d’être au Zenit Saint-Pétersbourg, même si je devais signer avec les Verts. C’était compliqué.
« On ne peut pas me taxer d'être d’irrespectueux »
C’est-à-dire ?
C’était le premier gros transfert de ma carrière. Je ne voulais pas faire le mauvais choix. Avant de choisir l’AS Saint-Etienne, j’avais déjà visité les installations du Zenit. J’avais été marqué par l’engouement autour du club. Et il ne faut pas le cacher, c’est très avantageux financièrement. Mais ça impliquait également de quitter la France, et de partir dans l’inconnu. Ce n’était pas évident comme choix. La facilité était de rester en France, mais je peux me poser beaucoup de questions. J’étais perdu. Et au final, j’ai jugé qu’il était préférable pour la suite de ma carrière d’opter pour le Zenit. Je comprends que ça puisse surprendre, mais c’est mon choix. Et je ne le regrette pas.
Les dirigeants stéphanois n’ont pas été tendres à votre égard…
Je peux accepter certaines choses, mais on ne peut pas me taxer d'être quelqu’un d’irrespectueux. Pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas comme ça. Les choses se sont peut-être mal faites, mais il faut passer à autre chose.
Cela n’a-t-il pas été trop dur de quitter le cocon nancéien ?
Oui et non. Ça faisait un moment que je voulais voir autre chose. Je ne veux voulais pas faire l’année de trop. Mais je n’oublie pas tous les bons moments que j’ai vécus là-bas. J’ai aussi une pensée pour mes coéquipiers. On était une vraie bande de potes.
Quels souvenirs gardez-vous de votre passage en Lorraine ?
Je n’en garde que des bons souvenirs. A mon arrivée, le club m’a fait confiance alors que je ne jouais pas du tout à Rennes. Je ne l’oublie pas. Si je suis aujourd’hui au Zenit, c’et grâce à l’ASNL.
N’avez-vous pas peur d’être oublié aussi loin de la France ?
Ce n’est pas la compétition la plus médiatique, mais j’ai agréablement été surpris par le niveau. Je n’ai pas peur d’être oublié. Je suis venu pour joueur de grosses rencontres. Et je vais être servi avec la Ligue des Champions. Prenez l’exemple de Pape Diakhaté, aujourd’hui au Dynamo Kiev. Il est très heureux de son choix. Et on ne l’a pas oublié. Il suffit de voir les clubs qui se sont penchés sur son cas durant l’intersaison.
Un mot sur votre entraîneur Dick Advocaat ?
C’est quelqu’un de très rigoureux. Il est très stricte, mais souple à la fois. Il n’hésite pas à rigoler avec les joueurs. Il est loin de l’image qu’il peut parfois dégager de l’extérieur.
Et l’équipe de France ?
Peut-être… On verra. Chaque chose en son temps.