Olivier Thomas, quelle est votre situation au FC Nantes ?
Je fais toujours partie du groupe des « lofteurs » avec Marek Heinz et Karim El Mourabet, qui vient de partir faire un essai à Brest. On s’entraîne avec Vincent Rautureau. Ce n’est pas évident d’être à cette place là, surtout pour les raisons que l’on me reproche. Je l’accepte, je fais avec et je continue à faire mon travail le plus sérieusement possible.
Qu’est-ce que l’on vous reproche exactement ?
Michel Der Zakarian me reproche un manque d’implication. On peut me reprocher de ne pas marquer de but ou de ne pas conduire comme il faut mais on ne peut pas me dire que je manque d’implication. Ça remet en cause mon professionnalisme et ça, j’ai du mal à le digérer. Soit il manque d’argument, soit il manque de vocabulaire mais parler de manque d’implication pour quelqu’un comme moi qui a joué plus de 30 matchs la saison dernière…
Est-ce que vous comprenez d’où peut provenir cette critique de la part de Michel Der Zakarian ?
Pas vraiment… Même au début janvier, alors que je venais d’être élu meilleur latéral droit du club du début de saison, je me suis retrouvé sur le banc sans explication. Il m’a même envoyé faire trois matchs avec la réserve en CFA. Que ce soit la presse ou les dirigeants, tous ont reconnu mon investissement sur ces matchs. Je ne me formalise pas par rapport à ce que peut dire Michel Der Zakarian et je ne cherche pas à comprendre plus que ça.
Y a-t-il eu un incident entre vous ?
Pas à ma connaissance. On avait eu une discussion très correcte. Il est dans une position où il peut faire ses choix donc qu’il en profite et qu’il assume.
Ibrahim Tall et Kévin Das Neves sont blessés actuellement. Est-ce que Michel Der Zakarian a essayé de vous réintégrer dans le groupe ?
Non, ce n’est pas un grand homme de communication. Il n’est pas venu me voir, il reste sur ses positions. Tant pis pour moi et tant pis pour le groupe.
« On s’entraîne comme des pestiférés »
Et vous, n’essayez pas de revenir vers lui pour lui exprimer votre envie de jouer ?
Non, ce n’est pas du tout mon tempérament. Je préfère bien travailler à l’entraînement. Je ne me vois pas du tout aller le voir parce que je ne tirerai rien d’une discussion avec Michel Der Zakarian. Ca n’apporterait rien.
Aujourd’hui, il n’y a plus du tout de dialogue entre vous ?
Ce n’est déjà pas un homme de dialogue. Il n’y en a jamais eu beaucoup et là, il n’y en a plus du tout.
Il vous reste un an de contrat avec le FC Nantes. Est-ce que vous vous voyez rester toute la saison dans cette situation ?
Tout peut aller vite dans le football. Le club ne souhaite plus me conserver, ne souhaite plus me voir et m’a mis dans cette situation. Ca fait cinq-six semaines que l’on s’entraîne de côté en dehors des entraînements de l’équipe professionnelle comme des pestiférés. Au 1er septembre, il faudra nous réintégrer dans le groupe. J’ai envisagé toutes les possibilités. La balle est dans le camp des dirigeants.
La belle saison que vous avez réalisée en L2 vous a-t-elle amené des offres d’autres clubs ?
Je ne courre pas plusieurs lièvres à la fois. Je cherche d’abord à régler ma situation avec le FC Nantes. Ensuite j’envisagerai l’avenir avec un club et avec un entraîneur qui reconnaîtront mon investissement. Chaque chose en son temps. Même si ça peut me porter préjudice, je préfère régler ma situation avec Nantes en premier. J’ai encore envie de jouer et je suis en pleine forme.
Ca veut dire que votre départ de Nantes passe par une résiliation à l’amiable de votre contrat…
Forcément. Je n’ai pas fauté et le club veut se séparer de moi.
Est-ce que des joueurs de l’équipe se montrent solidaires de votre situation ?
Oui, j’ai beaucoup d’amis encore dans cette équipe. Ils sont déçus pour moi, ils ne comprennent pas. C’est le football professionnel qui veut ça. Ils me témoignent leur soutien et ça fait plaisir.