Frédéric Kanoute, avez-vous digéré l’intense saison vécue l’an passé ?
Oui, oui. Vu que notre année a été assez riche, je dois avouer que les vacances m’ont fait le plus grand bien ! Nous étions engagés dans trois compétitions majeures (ndlr : championnat, Coupe du Roi, Coupe de l’UEFA) et vu que ça ce ne n’est pas trop mal passé, on a dû batailler jusqu’au bout. C’était assez usant.
A quel niveau situez-vous désormais le FC Séville par rapport aux « monstres » que sont le Real Madrid et le FC Barcelone ?
Sans être prétentieux, nos résultats ne sont pas trop éloignés de ces deux équipes. La saison passée, on a laissé un peu de forces dans les trois compétitions. Le Real et le Barça ont eu la « chance » d’être éliminé de la coupe d’Europe assez tôt. Ils se sont alors consacrés au championnat. Cela n’enlève rien à la qualité de leurs joueurs, mais sans l’UEFA, on aurait pu se mêler au titre. A Séville, on n’a pas de stars. C’est un groupe avec de bons joueurs, notamment au niveau des jeunes.
Comment expliquez-vous votre magnifique année (21 buts en Liga et 4 en coupe de l’UEFA) ?
Je pense que c’est l’adaptation. La saison dernière, j’ai surtout brillé en coupe d’Europe, mais en championnat, j’avais un peu de mal. Cette année, j’ai pris beaucoup de plaisir à évoluer avec mes partenaires. Dans ma vie de tous les jours, j’ai aussi fait des progrès en Espagnol. Voilà, ce n’est pas plus compliqué que ça. Quand on se sent bien, on joue bien, c’est tout.
Avez-vous conscience que vous êtes devenu un joueur majeur de la Liga ?
Franchement, je n’y pense pas. J'ai 29 ans, je sais que tout va très vite dans le foot. Demain, tout peut s’arrêter.
Quand vous vous retournez en arrière, sentez vous une réelle évolution par rapport vos débuts à l’Olympique lyonnais (1997-98) ?
Bien sûr ! Par rapport à mes débuts, je suis beaucoup plus mûr qu’avant. Je suis un bien meilleur joueur. A l’époque, à Lyon, je jouais aussi à un poste d’ailier qui ne me convenait pas. Je suis un attaquant axial, c’est là où je me sens le mieux.
La saison prochaine, vous accueillerez votre compatriote Seydou Keita au FC Séville. L’avez-vous conseillé ?
Je connais bien Seydou. Depuis que je joue en sélection du Mali, on est tout le temps ensemble. Il m’a posé des questions sur Séville et je lui ai dit que ce choix serait le bon. Je suis sûr qu’il peut s’imposer : Seydou est très complet et, dans notre effectif, nous n’avons pas de joueur de son profil. J’ai vraiment hâte de jouer avec lui.
"Plus la moindre rancoeur envers l'OL"
On dit pourtant que vous pourriez quitter Séville…
Je suis actuellement en négociation pour prolonger d’un ou deux ans (son contrat expire en 2009). Actuellement, nous ne sommes pas encore d’accord sur les conditions financières. Je confirme toutefois que je suis bien à Séville. Mais, dans le football, le salaire est aussi une donnée importante.
Existe-t-il une grande différence entre ce que vous voulez et ce que votre club vous propose ?
Oui, un peu. Mais c’est normal. Et puis, il y a encore le temps. Mon agent discute actuellement avec les dirigeants. Je ne fais pas du salaire ma priorité, mais compte tenu de ma saison, je pense que je ne volerai personne. Si je peux prolonger et que les conditions satisfont tout le monde, ce sera très bien.
En Angleterre, il se murmure qu’Arsenal se serait manifesté il y a peu…
Pour le moment, ce ne sont que des bruits, des spéculations. Si mon agent me dit que c’est sérieux, j’y prêterai attention (selon nos informations, Arsène Wenger a bien contacté l’entourage de Kanoute).
L'Olympique lyonnais, qui recherche un attaquant supplémentaire, rêverait également de votre retour…
(Sourires) Oui, c’est sympa de savoir ça. Lyon, c’est ma ville et mon club formateur. Je ne ferme pas la porte, mais j’ai tellement de plaisir à l’étranger que je n’ai pas programmé mon retour en France.
Donc, Lyon, c’est non ?
Il ne faut jamais dire non. Je ne parle pas des conditions de mon départ « mouvementé » il y a neuf ans (Kanoute avait alors claqué la porte de l’OL pour signer à West Ham). J’étais jeune, ça avait été assez brutal, mais il n’y a plus la moindre rancœur aujourd’hui. La seule question est : concrètement, qu’est ce que je peux apporter à Lyon ? En L1, le club n’a pas besoin de moi. Notre seul intérêt commun serait la Ligue des Champions. Mais pour être franc, j’ai vécu tellement de belles choses à l’étranger, des grands matches, des grands stades, que la France, bon… Mais comme je vous l’ai dit, il ne faut jamais dire jamais. Lyon sait où me trouver !